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[LES BÂTISSEURS] L’association « Les Déterminés », présidée par Moussa Camara, aide chaque année des jeunes de 18 à 35 ans issus des quartiers populaires à créer leur entreprise. Lundi 27 mars, elle remettait leur diplôme aux 17 néo-entrepreneurs de la 4ème promotion au siège du Medef. Une soirée riche en émotions, centrée sur les notions de partage et de solidarité. Reportage.

« L’entreprise, c’est la vie ! ». Cette phrase, rédigée sur les murs de la salle de remise des diplômes, pourrait être le slogan des « Déterminés ». Hier soir, les jeunes de la 4ème promotion ont reçu leur diplôme des mains de Pierre Gattaz, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), devant un public enthousiaste d’environ deux cents personnes.

Les « Déterminés », une grande famille

La soirée s’est ouverte par la diffusion d’un film expliquant le projet de l’association et retraçant le parcours de la nouvelle promotion. Durant les six semaines de formation, de l’entretien d’admission à la soutenance finale, les 17 futurs entrepreneurs, sélectionnés parmi 100 candidats, se sont soutenus. Ils ont partagé leurs doutes sur leur capacité à mener leur projet à bien et leur fierté de le voir finalement aboutir. Une entraide d’autant plus précieuse que les règles à respecter sont strictes et le rythme soutenu.

« La formation des Déterminés, c’est puissant », affirme Jean-Charles Chibon, qui souhaite créer sa société de conseil. « Nous avons appris à nous dépasser. Malgré les difficultés, nous devons toujours aller de l’avant », complète Neuilly Justine Mombo, qui souhaite fonder un site de vente de produits cosmétiques naturels venant d’Afrique.

Dans la bouche de chacun, un même mot revient pour décrire l’association : une famille. « On s’est entraidé, on s’est encouragé, se remémore Neuilly Justine sur scène, à l’issue du film. Je me souviens d’une nuit, à 3 heures du matin, où je n’arrivais pas à dormir parce que je pensais à mon projet. J’ai envoyé un message sur le compte Snapchat de notre groupe et là… Tout le monde m’a répondu », plaisante-t-elle, émue à l’idée de voir ces six semaines s’achever.

« Démocratiser l’entrepreneuriat dans les banlieues »

Si cette solidarité est si forte, c’est aussi parce que ces jeunes ont connu les mêmes difficultés. Issus de banlieues, tous ont longtemps pensé que l’entrepreneuriat n’était pas pour eux. Pour son président Moussa Camara, l’association vise donc à « démocratiser l’entrepreneuriat, notamment dans les quartiers populaires. On essaie de les accompagner, de les mettre dans les meilleures conditions pour réussir. Après tout, la justice sociale passe avant tout par la justice économique ».

Salima Benaïssaoui, diplômée de la 4ème promotion des « Déterminés », veut créer une chaîne de boutiques spécialisées dans les crêpes feuilletées

« Quand on vient de banlieue, on ne pense pas pouvoir fonder notre propre société. On se dit que l’on va être embauché quelque part. En réalité, beaucoup d’actions sont mises en place pour nous aider à nous lancer, mais il y a peu de communication à ce sujet », analyse Salima Benaïssaoui, qui souhaite, elle, créer une chaîne de boutiques spécialisées dans les crêpes feuilletées.

Spécialisée dans les jus bio à base de fleurs d’Hibiscus, Sarah Lafon assure, comme beaucoup des bénéficiaires de la formation, qu’elle n’aurait « jamais pu fonder sa société sans « Les Déterminés ». Je n’aurais pas eu la force, et je n’avais pas de contacts. Avec l’association, on est suivi, et ce même à l’issue des six semaines de formation ».

« Quand certains veulent construire des murs, notre association vise à bâtir des ponts »

L’enjeu de l’association est aussi de servir de modèle à la jeunesse. « Ce qui est important, c’est l’exemple que l’on va donner à nos enfants », poursuit Moussa Camara. Fier du travail accompli, il est convaincu que « Les Déterminés » diffusent « des valeurs de partage, de générosité et surtout de détermination » qui influenceront les générations suivantes.

Des générations qui, il l’espère, souhaiteront fonder leur propre société à leur tour. « N’importe quel jeune, dans n’importe quelle ville doit pouvoir accomplir ses rêves et concrétiser ses projets ».

Pour Moussa Camara, le travail de l’association revêt ainsi « une certaine dimension politique » particulièrement dans le contexte actuel de l’élection présidentielle. « Quand certains veulent construire des murs, notre association vise à bâtir des ponts. […] Ensemble, nous avons créé une formule qui contribuera peut-être à la réussite de la France’.

Maéva LAHMI

 

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