Derniers articles

  • New York chéri, France moisie

    Prenez-le comme vous voudrez : comme une histoire (même tirée par les cheveux), comme un réquisitoire, comme un pamphlet, comme un cri venu du fin-fond de nos tripes. Nous vous écrivons entre New York et Paris. Croyez-nous, peuple français, individus inconnus, immigrés avec ou sans papiers, travailleurs ou chômeurs, retraités ou préretraités, manifestants ou coursiers, Aborigènes de Papouasie qui lisez ces lignes, nous pleurons de chaudes larmes d'avoir quitté New York. D'avoir quitté la si grande, la si brillante, la si fabuleuse Amérique. La Terre où l’on se risque le cœur battant, celle qui fait rêver...

    Par Mehdi Meklat
    Le 27/09/2010
  • La Strada chez les Roms

    Le soleil brille de mille feux, mais il caille. Près du passage Dupont, un bar est ouvert. Dedans, on parle en portugais. Deux hommes s'embrouillent. Un peu plus bas, un restaurateur balaye sa terrasse, on l'alpague : « Vous connaissez le passage Dupont ? » Il connaît, nous l’indique. Au milieu d'un labyrinthe urbain, on trouve le passage. Des mecs discutent en romani. On les salue. Le soleil s'infiltre difficilement jusqu'ici : c'est une toute petite ruelle de la Plaine-Saint-Denis.

    Par Mehdi Meklat
    Le 20/09/2010
  • Romain Gavras, le « che » des roux

    Il y a un jacuzzi, et dans le jacuzzi, une femme lovée dans les bras mouillés de son mari. Patrick (Vincent Cassel), en peignoir blanc, arrive. Il ouvre son peignoir. Il pisse dans le bain. Puis s'y glisse. Le couple est terrorisé. La femme s'agrippe davantage à son mari. Patrick, dans l'eau qui fait de grosses bulles, se masturbe. Il éjacule, devant eux. Un sourire narquois se dessine sur son visage. Voilà l'une des scènes du premier film de Romain Gavras, « Notre jour viendra », actuellement à l’affiche.

    Par Mehdi Meklat
    Le 14/09/2010
  • Le roman du Ramadan

    4h27. La journée commence si tôt. Le ciel n'est encore qu'une vaste toile noire. A cette heure-ci, habituellement, la maison dort. Mais ce matin, les lumières sont allumées. Et une certaine agitation est palpable. Dehors, il pleut. Dans la cuisine, Mémé a dressé la table. Il y a du fromage, du pain, de la confiture, du jus. Lyès, l'adolescent qui voit depuis quelque temps de gros boutons purulents pousser sur son minois, a atteint le stade du sommeil paradoxal. Mémé sait pertinemment que le gamin ne se lèvera pas. Il ne se lève jamais, d'ailleurs. Il jeune sans manger le matin, jusqu'au soir. Mémé s'est installée à table. Seule, elle a bien dû s'empiffrer une tonne de pain Jacquet et un bon kilo de pêches achetées au marché.

    Par Mehdi Meklat
    Le 01/09/2010
  • Et au milieu coule une fontaine…

    Fermez les yeux, même les moins de 18 ans. Vous êtes dans un hammam. Les femmes sont nues sous leurs serviettes trempées. Des perles de sueur roulent sur les corps exaltés. Il fait chaud. Leurs cons suffoquent et leurs mains miment des gestes si naturels. L'une raconte. Les autres écoutent, ébahies. Envahies sous les détails excitants de la conteuse.

    Par Mehdi Meklat
    Le 25/07/2010
  • Croisette et starlettes à Villepinte

    La grille du collège s'ouvre. Des élèves sortent. Ils courent. Ils marchent. Ils crient. Ils s'amusent. La grille du collège se referme. Dans la cour, il y’a une élève qui tente de mettre son casque de vélo. Le professeur porte une veste orange. La demoiselle dit : « Monsieur, j'ai une tête trop grosse, elle rentre pas là-dedans ». Le professeur sourit, narquois, il réplique : « Ça, j'te le ferais pas dire ». La donzelle se vexe à peine. Et grimpe sur son vélo. Quelques gamins sont sur un banc. Ils parlent. Jusqu'ici rien d'anormal (bon, à part les vélos dans la cour). Un collège, comme partout, comme ailleurs. 

    Par Mehdi Meklat
    Le 19/05/2010
  • Jean-Charles de Castelbajac, l’histoire d’un Bambi soldat

    Il reçoit dans son atelier, rue Vauvilliers, près des Halles, à Paris. Sa femme est là, en photo, à côté. Jimmy Hendrix est là aussi, peint sur de la soie. Une grenouille en peluche. Deux bouteilles. Un stick de colle. Un tampon. Des feutres. Des crayons. Peter Pan à la fenêtre. Andy Warhol sur le […]

    Par Mehdi Meklat
    Le 10/05/2010
  • Florence Aubenas : « Le reportage est un exercice au-dessus du vide »

    Quand on la voit, pour la première fois, on marque un temps d'arrêt. Et puis, on se demande si c'est bien elle. Son visage vous revient dans la tronche comme une gifle qui vous replonge dans la réalité. Oui, elle est bien là. Elle s'appelle bien Florence Aubenas. C'est bien elle. Celle qu'on avait vu, visage dévasté, cheveux en pagaille, celle qui bidouillait quelques phrases « face caméra » au temps où elle était détenue otage en Irak. Éprouvée et dévastée. C'était en 2005.

    Par Mehdi Meklat
    Le 22/04/2010
  • Vol A 93120 : Washington-La Courneuve

    Charles Rivkin a des ressorts supersoniques à la place des jambes. Des sortes de ressorts impensables ultra résistants qui permettent à l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique de faire des bonds de milliers de kilomètres, à la vitesse de la lumière ou du son. Rien qu'à sa fonction, on comprend : il est l'envoyé d'Obama. Un envoyé que le Président a comme projeté d'un coup de ressort au centre culturel Jean Houdremont de La Courneuve, vendredi après midi. « Je reviens il y a deux heures à peine de Washington. J'étais avec le Président Obama et le Président Sarkozy, mais je ne pouvais rater cette conversation pour rien au monde ».

    Par Mehdi Meklat
    Le 05/04/2010