Derniers articles
-
« Depuis quand Oujda est en Algérie ! »
Oujda, ville du nord-est Marocain, est à deux pas de l’Algérie. Durant mon dernier séjour au Maroc, je me suis rendue sur cette frontière qui fait tant parler d’elle. La route qui y mène est quasi-déserte ; une maison par-ci, un café par-là. La frontière est plus loin de la ville que je ne le pensais. Il est nécessaire de prendre sa voiture, quelques dizaines de kilomètres tout de même. Arrivée au fameux lieu, je m'aperçois qu’il n’y a rien d’impressionnant. C’est vide ! Un barrage, un poste de police et une pancarte qui indique que les photos sont interdites et surtout un panneau marquant l' interdiction de passer la frontière. Elle est fermée à tout trafic depuis 1994. Une date ancrée dans les mémoires. Alger avait fermé la frontière cette année-là après que Rabat eut imposé la délivrance de visas aux Algériens, suite à l’attentat perpétré contre l’hôtel Atlas-Asni, à Marrakech, par deux Algériens de France.
-
L.Tzack de Fez : l’amour du rap et du roi
Aux portes de la Médina de Fez, ce gigantesque dédale qui abrite 250 000 âmes, classé au Patrimoine de l’Unesco et qui nous fait prendre place dans une machine à remonter le temps, des jeunes au look « american ghetto » tournent un clip. Le contraste est saisissant. Dans la médina, à deux pas, les artisans tanneurs reproduisent des gestes et des savoir-faire ancestraux et des femmes aux tenues traditionnelles tentent de se frayer un passage dans les rues étroites ou seuls les ânes peuvent accéder.
-
Messe gospel à Harlem : j’allais pas manquer ça
Le gospel, pour moi, c'était « Sister Act » où des femmes en tenue orange et violette chantent « Oh Happy Days » et tapent dans leur main. Ce qu'on en voit dans les films, quoi. Dimanche, jour du Seigneur, je me suis levé tôt pour aller dans Harlem assister à une messe gospel. En vrai, pas au ciné. Sur le net et dans tous les guides, ils proposent d'aller à l'Abyssinian Baptist Church, qui est super ultra touristique et où l'on doit faire la queue pendant 2 heures pour ne se retrouver, disons-le franchement, qu'avec des Blancs, alors qu'on est au milieu de Harlem.
-
Ma mère dans l’enfer des camps khmers rouges
17 avril 1975, à Battambang, province natale de ma mère. Celle-ci avait 19 ans lorsqu’elle et sa famille ont rencontré les Khmers rouges pour la première fois. Vêtus de noir, ils étaient souriants mais armés. Ils venaient de prendre le pouvoir au Cambodge et tenaient des propos de paix réconfortants. C’est en partie ainsi qu’ils ont réussi à vider la capitale et les autres grandes villes de leurs habitants pour les amener vers les campagnes et les forêts. Ma mère se souvient très bien de ce premier contact : « Ils disaient que la paix était revenue et que le roi (Norodom Sihanouk) aussi allait revenir. » La foule était pleine de joie, croyant accueillir ses « libérateurs ».
-
RER Caraïbes
J’ai décollé à 0h15. J’ai traversé les nuages vers une destination inconnue. Pas le temps d’en voir plus, je me suis finalement écroulée dans les bras de Morphée. C’est les vacances, j’en ai pour minimum 10 heures. Arrivée à destination. J’ai une vue de rêve : cocotiers et mer turquoise. Moi, pas farouche, je commence par grimper à un arbre pour en saisir le fruit. Je redescends avec une dizaine de noix de coco, comme si j’avais fait ça toute ma vie. Puis, comme dans un remake de Koh-Lanta, je saisis un harpon abandonné sur la plage de sable blanc et rentre d’un pas ferme dans une eau à 25 degrés. Entre deux falaises je plante du premier coup la lame entre les deux yeux d’une raie. Sûrement les restes d’un docu d’Arte que je me suis tapé avant de m’endormir.
-
Pas un chat sur le Nil, des vacances de rois
Mes parents ont décidé que cet été on irait faire un tour au pays des pharaons : l'Egypte. Partir après le printemps arabe ne tranquillisent pas vraiment les proches, mais tant pis, c'était un voyage prévu depuis longtemps, et étant donné les événements, les prix ont baissé. Alors pourquoi se priver ? Nous commençons les vacances par une semaine sur le Nil, en croisière, de Luxor à Assouan. Nous ne sommes pas plus de 40 passagers sur un bateau immense, qui peut en compter au moins 500. On se croirait sur un yacht privé. « Il y a plus de personnel que de touristes », remarque Christiane, une passagère. En effet entre les hommes d'entretien, les serveurs, les réceptionnistes, les barmans, le caméraman, le DJ et la masseuse, les touristes sont cajolés.
-
Le café infect de Ben Ali
Aux bruits dans la cuisine, je devine qu’il est environ sept heures du matin. Mon oncle marmonne je ne sais quoi tandis que ma cousine lui prépare un café serré. Comme d’habitude. En Tunisie, je ne porte jamais de montre. A quoi bon puisque là-bas, rien ne presse. Les journées se répètent inexorablement sans que personne ne bronche. Ici, la routine n’a rien d’un concept abstrait. Elle est une maladie avec laquelle on apprend à vivre parce qu’au fond, il n’y a pas d’autre choix.
-
Je m’envole pour la Turquie. Merci qui ? Merci Ronnie
Allez, plus que deux semaines et je dis enfin adieu à Ronald et sa team. Cet été j'ai décidé de me faire plaisir et de m'offrir plus d'un mois de vacances en Turquie. Mais qui dit vacances dit argent, tunes, oseille, dollars... Money quoi ! Et quoi de mieux qu'une bonne exploitation chez MacDo pour se faire un peu d'argent de poche. J'ai postulé chez Ronnie en septembre 2010, avec pour objectif de financer mes études. Certes, j'aurai pu postuler ailleurs, mais en France on nous demande d'avoir de l'expérience même pour vendre des slips.
-
Grève d’Air Algérie : « Ya l’babor ya mon amour »
Arrivé jeudi matin à l’aéroport, Salif est plus chanceux que Yanis. Ce dernier a dormi sur place, au quatrième étage du terminal sud d’Orly et se dit prêt à « faire Koh-Lanta l’année prochaine ». Les yeux gonflés et rougis à cause de sa mauvaise nuit de sommeil, il a fait un rêve étrange qu’il raconte à son compagnon de galère : « Un volcan algérien entrait en éruption dans mon quartier et crachait des pépins de raisins. » Salif éclate de rire et souligne qu’il n’y a pas de volcans en Algérie, « peut-être des volcans endormis… comme la compagnie Air Arnaque », plaisante-t-il. Même s’il a vu au JT que les avions n'étaient pas prêts de décoller, il est venu quand même, comme des centaines d’autres ici.
