Derniers articles

  • Le chemin de croix des étrangers à la Caisse maladie

    Un peu distraite, Marta trébuche et tombe à genoux, au milieu de la rue. Elle essaie de se relever mais elle découvre, abasourdie, qu'elle n'y arrive pas. Elle ne pourra pas marcher pendant de nombreuses semaines mais son voyage homérique vient à peine de commencer. Point de départ : l'hôpital. À la « douane », on lui demande le « passeport », son numéro de sécurité sociale. Marta fournit une attestation car elle n'a pas encore reçu sa carte Vitale. Premier ennui : elle découvre que son numéro n'est pas valide. Il s'agit de chiffres provisoires obtenu lorsqu'elle est arrivée en France après d'interminables visites à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). «Avez-vous une fiche de paie ? », lui demande-t-on. « Bien sûr ! » répond Marta. Mathieu, son petit ami qui l'accompagne, retourne à toute vitesse chez elle à la recherche du dit document. Nouvelle consternation : le numéro qui figure sur sa fiche de paie n'est pas valide non plus.

    Par Beatriz Alonso
    Le 27/08/2011
  • Mathieu, SDF, sous le signe de Victor Hugo

    Ma cousine m’a raconté avoir passé son samedi soir à marauder dans le quartier avec de parfaits inconnus. Elle était tellement enthousiaste qu'elle m'a donné envie de le faire. Pas pour me prendre pour mère Teresa, mais plutôt par curiosité. Elle est passée par un site internet, On Va Sortir, qui permet à des gens qui ne se connaissent pas de se rassembler et d’échanger autour de différentes activités, cinéma, restaurant, exposition, etc. Je prends ainsi contact avec Pierre, l’organisateur de la maraude. Le rendez-vous est donné, un mardi à 21 heures, devant la pyramide du Louvre, à Paris. Le thermomètre doit être à 2 ou 3 degrés en dessous de zéro. Je suis bien équipée, doudoune, gants, bonnet, écharpe. J'ai aussi apporté un gros thermos rempli d'eau chaude, du sucre, du thé, des touillettes et des conserves.

    Par Bondy Blog
    Le 27/08/2011
  • La vie de mes frères sera-t-elle la mienne ?

    Mon plus grand frère, âgé de 23 ans, a arrêté l’école à 16 ans, après deux ou trois redoublements. A l’époque, je le voyais fumer, enchaîner les beuveries, collectionner les petits soucis avec la police, sans compter ses mauvaises fréquentations. Monsieur avait également tendance à enchaîner les bagarres de rue. Du coup, il a été envoyé au bled, pour ainsi dire, le bled à la française, en province chez mes grands-parents. Là bas, aussi, il menait « la grande vie ». Résultat : après quatre ans où il passa beaucoup de son temps à s’amuser, il est revenu à la maison, dans son ancienne chambre, et a fini, après six mois de glandage, par trouver un boulot de cantonnier.

    Par Bondy Blog
    Le 23/08/2011
  • La venue du pape : du Prozac dans la crise

    Ce mercredi la Puerta del Sol de Madrid est encore noire de monde. Mais pour une fois les indignados espagnols ne sont pas seuls à exprimer leur mécontentement. A la veille de l’arrivée du pape aux Journées mondiales de la jeunesse, de multiples associations ont organisé une manifestation dans le centre de la capitale. Même si le mouvement du 15-M n’a pas donné de consignes, les indignés sont au rendez-vous et défilent aux cotés de nombreux militants laïques et homosexuels.

    Par Remi Hattinguais
    Le 20/08/2011
  • Les 355 heures de traversée de Mehmet, Kurde irakien

    Mehmet est un jeune gaillard de 21 ans à l'humour débordant. Il habitait le nord de l'Irak, dans la Région autonome du Kurdistan, qu'il appelle, lui, tout haut, avec fierté, en kurde, « Hikûmetî Herêmî Kurdistan ». Un lundi bien ensoleillé de mai, je me trouve au centre commercial Bobigny 2 avec une amie. Après qu'on a fini de faire nos achats, nous prenons le chemin de la sortie, côté préfecture, pour prendre le bus. On passe non loin du cinéma, on s'approche du kiosque, lorsque sur la route je vois mon cousin. Il est en voiture avec apparemment un ami, il me propose de nous emmener là où nous rendons. Tout en roulant mon cousin nous fait la conversation, il présente son ami Mehmet qui nous fait un sourire, et je leur présente mon amie Isabelle.

    Par Bondy Blog
    Le 18/08/2011
  • Le mois le plus long

    Si les Musulmans étaient Chrétiens, la prière de table à la rupture du jeûne donnerait un truc du genre « merci Seigneur pour la harira que tu nous donnes. Donne du Selecto à ceux qui ont soif et donne de la zlabiya à tous ceux qui ont faim. » Car tous les ans, le sacro-saint trio harira-Selecto-zlabiya fait son retour en force.

    Par Sarah Ichou
    Le 18/08/2011
  • Deux joints ça va, trois verres bonjour les dégâts !

    Gare du Nord. 19h30. Une rame du Transilien est sur le point de quitter le quai. Un jeune homme, jean, t-shirt blanc, casquette, blanche également, visière en arrière, traverse le wagon. « Excusez-moi ? Ca vous dérange si je m’assoie en face de vous ? Je voudrais rouler et si jamais les "flics" arrivent... » Il laisse sa phrase en suspens avant de s’installer avec un large sourire en jetant au passage un regard vers l’entrée du wagon. Il sort une feuille, une cigarette et du haschisch et prépare son joint.

    Par Bondy Blog
    Le 17/08/2011
  • Contrôles au faciès ? Un peu de doigté, jeunes gens

    Tous les troquets ont leur pilier de comptoir, mais celui qu’on a au bistrot du Moulin, c’est une colonne grecque. Un temple ! La septième merveille du monde alcoolique. Willie la Flotte, c’est plus un pochtron, c’est au-dessus, il a muté. Il peut sans mal affronter Wolverine, ses coudes sont en zinc, ils ont fusionné avec le comptoir. Le facteur du quartier, qui m’a tiré deux trois fois d’affaires en postant mon bulletin de notes dans les égouts, m’a assuré que Willie la Bibine recevait sa facture de gaz  à cette adresse :  « Willie - Tabouret 3 – Bistrot  du moulin - cedex 8.6 »

    Par Idir Hocini
    Le 16/08/2011
  • Quand BEP rime avec corvée

    A la fin de ma troisième, j'ai décidé de me diriger vers un Brevet d'études professionnelles, un BEP, en menuiserie. J'attendais ce moment depuis longtemps pour enfin fuir le collège et l'enseignement général, sauf que les choses ne se sont pas déroulées comme prévues. J’ai passé mes deux années de BEP en internat à Melun (77) où je me suis rendu compte que le BEP servait souvent à caser les élèves à qui l'on ne trouvait pas d'orientation. Ce fut ma première déception. Les passionnés de menuiserie comme moi, étaient rares dans cette formation.

    Par Bondy Blog
    Le 15/08/2011