Derniers articles

  • Ces bébés shootés au Coca

    Quand des ados se cuitent à l’alcool nuit et jour, d’autres, encore plus jeunes, se shootent au Coca. C’est devenu une habitude dans certaines familles que de donner à boire aux enfants, dès l’âge de 2 ans, le mythique soda plein de bulles et plein de sucre. L’une des boissons les plus vendues au monde coule à flots dans le gosier des bambins. Elle en vient parfois à remplacer le lait. L’autre jour, dans le bus, je tombe nez à nez avec une maman d’une trentaine d’années accompagnée de ses deux enfants, des jumelles âgées de 2 ou 3 ans. L’une des petites semble réclamer avec insistance un petit quelque chose. Je m’attends à un biberon, un jouet, un bonbon. J’ai tout faux : la maman tend à sa petite fille une bouteille de Fanta, toute prête à être consommée.

    Par Bondy Blog
    Le 17/08/2009
  • « Salut sœur Marie ! Pour ça, tu vois avec le père Marc »

    A peine arrivé sur place, le père Bertrand Collignon est sollicité de tous les côtés. Au sous-sol de l’église du Christ Ressuscité, où sera célébrée le soir même l’eucharistie, un jeune religieux, Stéphane, demande : « Je voudrais avoir votre avis pour l’ornement, ça va comme ça ? » Une nappe blanche couvre l’autel, le corps floral vient compléter le sobre décor. « Oui, c’est très bien comme ça », lance le père Bertrand. Son téléphone sonne, « oui, salut sœur Marie ! Écoute, pour ça, tu vois avec le père Marc. » C’est sûr, l’après-midi ne fait que commencer. Beaucoup reste à faire. Ce jeudi 9 avril, à veille du Vendredi Saint, jour célébrant la passion du Christ, tout le diocèse de Bondy est au taquet.

    Par Hanane Kaddour
    Le 13/08/2009
  • Le camion-coiffure qui déstresse le 93

    La Courneuve, 93, quartier Verlaine. Ce matin-là, les bénévoles s’affairent à décharger la cargaison de produits alimentaires pour les Restos du Cœur. Patrick, le responsable local, peste contre l’intervention télévisuelle du télégénique président Sarkozy. « Il y a de plus en plus de personnes dans le besoin et cela ne va pas aller en s’arrangeant, affirme-t-il, rien que sur l’aide alimentaire, nous avons enregistré 10 à 15% en plus de bénéficiaires cette année. »

    Par Adrien Chauvin
    Le 12/08/2009
  • Commerce en banlieue : petits arrangements entre amis

    La cité, ce n'est peut-être pas la vie en rose, mais les placards y sont rarement vides longtemps. Surtout lorsqu’on se côtoie depuis des années. Tout se troque, se prête, se donne. Il y a maman qui envoie son petit avec un verre vide demander du sucre ou de la farine à la voisine. Ou le gamin qui toque à la porte pour des œufs ou un oignon. Mais les échanges et services rendus ne s'arrêtent pas là. Votre télé tombe en panne ? Allez en face. Sinon, adressez-vous aux jeunes en bas de l’immeuble. Avant la fin de la soirée, vous aurez un téléviseur dans votre salon. Certes, pas flambant neuf, mais c'est déjà ça !

    Par Bondy Blog
    Le 10/08/2009
  • Sofia et Sabrina : « Nos frères font ce qu’ils veulent, pour nous, c’est la dictature »

    Chez certaines familles maghrébines, il n’est pas toujours facile d’être une femme à la maison. Le traitement y est différent selon que l’on est un homme ou une femme. On peut parler de discrimination. Le papa et la maman ont un rapport plus affectif avec leurs garçons qu’avec leurs filles. Les premiers bénéficient d’une tolérance bien souvent absolue. Ils n’ont pas de contraintes horaires, ils peuvent avoir des relations sexuelles comme bon leur semble et faire des bébés à droite et à gauche. Les cas de conscience ne se posent apparemment pas. Sofia et Sabrina, elles, vivent sous un régime qui s'apparente à une dictature. La première en est sortie, mais cela a duré 28 ans. La seconde, 23 ans, est en plein dedans.

    Par Melissa Barberis
    Le 09/08/2009
  • Une femme africaine est d’abord une mère !

    Café curial, Paris, 19e, samedi. La Journée internationale de la femme s’incarne quelques heures dans cet espace au cœur d’une cité populaire, où vit une population en majorité d’origine africaine. L’association Rassemblement des mères du 19ème, présidée par Joyce Malay-Ayache, en partenariat avec Entraide et espoir, l’« assoce » dirigée par Khadiatou Gabira, organisent à cette occasion une réunion entre femmes.

    Par Bondy Blog
    Le 08/08/2009
  • Qu’elle serait belle, la rue Jules Guesde, sans ses dealers…

    « Il n’y a pas vraiment d’insécurité ici. Les zouaves, on les voit dans le jardin plus loin. Ils me disent de ne pas nettoyer sous les souches d’arbres où ils cachent leurs sachets de drogue. Alors j’y touche pas. » Patrick a 49 ans et il est éboueur dans le quartier de Wazemmes de Lille. Vêtu de son uniforme vert, le balai à la main, il ramasse les déchets qui jonchent le parc. Et raconte volontiers ce qu’il voit en arpentant chaque jour depuis quatorze ans la longue rue Jules Guesde.

    Par Faïza Zerouala
    Le 04/08/2009
  • Mystique clochard

    C’était en fin de soirée. Je marchais le long du canal de l’Ourcq, à Paris, lorsque je fis la rencontre d’un clochard. Allongé avec sa petite bière lui tenant compagnie, il grignotait une barre chocolatée aux saveurs de caramel et vanille. Je lui dis « bonjour ». Me regardant de ses yeux crispés et doux à la fois, il me dit : « Vous êtes qui, vous ? – Je suis un jeune du quartier. – Mais je ne vous ai jamais vu dans le quartier. – C'est que je ne sors pas souvent et à vrai dire, lorsque je sors c'est pour aller directement dans une librairie y acheter des livres. »

    Par Bondy Blog
    Le 02/08/2009
  • Qui a dit que les jeunes étaient des délinquants irrécupérables ?

    17 heures, ma chère mère m’envoie remettre une recette de grand-mère contre les maux d’estomac à une connaissance dans le quartier où j’ai grandi. A l’angle d’une rue, je croise des amis, ça faisait un bail que je ne les avais pas vus, même si quelques centaines de mètres seulement nous séparent. « Wesh pote, ça fout quo en ce momenti ? », je lance à Karim dans un langage local. Il me répond qu’il est en contrat à durée indéterminé, sans approfondir. Je lui demande sadiquement la nature de son CDI. Il me lance : « Un CDI de chômage ! » Après quelques rires, je comprends qu’il fait partie des 10,6% chômeurs de France.

    Par idriss_k
    Le 01/08/2009