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[PRIMAIRE DE LA GAUCHE] En ce jour de premier tour de la primaire de la gauche, plusieurs centaines d’Argenteuillais, dans le Val d’Oise, se sont déplacés pour ce scrutin. C’est un vote pour Manuel Valls, ancien élu de la commune, qui semble se dégager. Reportage.

« Ça fait un peu amateur », lâche un électeur de gauche, qui a comme d’autres, eu beaucoup de peine à trouver le bureau de vote installé dans le quartier d’Orgemont à Argenteuil. Le bureau se trouve au milieu des tours d’immeubles environnantes, alors que sur le site Internet des primaires, il semblait être à proximité de la route, et donc bien mieux repérable. « Le maire d’Argenteuil a tout fait pour que les gens de gauche ne puissent pas voter « , accuse François About, sympathisant de gauche.

Toujours est-il que l’affluence n’est pas au rendez-vous. Les votants, majoritairement des quadras et des quinquagénaires, arrivent au compte-gouttes. « On doit être à une quarantaine de participants, après une heure et demie d’ouverture du bureau. Je pense que ce n’est pas si mauvais », tempère Fabien Bénédic, conseiller municipal et départemental et président du bureau de vote pour cette primaire de la gauche. « Il y aura vraisemblablement à parier que ce sera en deçà de 2011 mais ce sera très bon puisque le chiffre de 1,5 million est annoncé pour ce soir », estime pour sa part Sébastien Zriem, secrétaire de la section d’Argenteuil du Parti socialiste et un des assesseurs du bureau de vote.

Une campagne menée dans un temps restreint

La particularité de la primaire de la « Belle alliance populaire » est qu’elle ait été bien plus courte que celle de la droite et du centre. Certains pensent que c’était mieux ainsi, comme Nathalie. « Le fait que ça ne dure pas trop, c’est pas plus mal. Ça évite de se lasser », juge-t-elle. Pour le conseiller municipal et départemental, il y a intérêt « à battre le fer quand il est chaud, quelque part », quand d’autres regrettent ce laps de temps restreint.

Du côté des militants, on se félicite d’avoir pu organiser cette primaire qui a permis aux différents candidats d’exposer leur programme, leurs idées. « Tous les candidats ont pu s’exprimer, faire preuve d’efficacité, présenter leurs propositions dans un débat clair, ramassé dans le temps effectivement, sur deux semaines », salue le secrétaire de section du PS d’Argenteuil.

Manuel Valls, « un enfant du pays »

Dans le cœur des votants de ce dimanche, c’est Manuel Valls qui semble l’emporter. « C’est un enfant du pays », souligne Fabien Bénédic, élu qui a apporté son parrainage à l’ancien Premier ministre. Même s’il précise ensuite que c’est par rapport à son programme qu’il soutient le candidat. Valls attire des électeurs de différents bords puisqu’un sympathisant centriste, « ancien du Mouvement démocrate », juge que l’ancien maire d’Évry est « un candidat qui a un programme réaliste et qui a une stature de chef d’État avec une envergure internationale », notamment pour discuter avec Vladimir Poutine ou Donald Trump. « Et en plus, il est proche des idées centristes », ajoute-t-il, enthousiaste.

Toutefois, certains Argenteuillais se montrent moins sensibles vis-à-vis de l’ancien élu local d’Argenteuil, qui garde un souvenir un peu amer de cette ville avec l’élection législative de 1997 où il terminait quatrième au premier tour. Pierre et Nathalie penchent plus pour Benoît Hamon, dont la dynamique inquiète certains de ses adversaires. « Il apporte un peu de nouveauté par rapport aux autres », affirme l’électrice.

Empêcher le duel Fillon-Le Pen

La plupart des électeurs qui sont venus voter ce dimanche souhaitent bousculer le scénario d’un duel François Fillon-Marine Le Pen qui semble promis en mai prochain. « Il faut absolument que ce soit quelqu’un de gauche qui passe », espère Pierre. Mais lequel ? Car, en plus du vainqueur de la primaire de la gauche, il faudra également compter sur d’un côté, Emmanuel Macron et de l’autre, Jean-Luc Mélenchon. « J’ai bon espoir, malgré les sondages qui mettent nos candidats de cette primaire en cinquième position au premier tour, donc non qualifié pour le deuxième tour, que la dynamique impulsée par cette primaire fera en sorte que ce candidat soit au second tour », prophétise Fabien Bénédic.

Mais certains, comme Nathalie, émettent des réserves sur la capacité du vainqueur de la primaire à arriver au second tour de l’élection présidentielle. « Je pense qu’il faudra un rapprochement avec d’autres candidats », suggère-t-elle. Reste à savoir si cette idée fera son chemin dans les jours à venir.

Jonathan BAUDOIN

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