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De nombreux déçus de la gauche sont venus voter ce dimanche dans un bureau de vote du quartier des Mainguy, à Bondy (Seine-Saint-Denis), pour le premier tour de la primaire à droite en vue de l’élection présidentielle de 2017. Reportage.

Pour voter, c’est très simple. Il suffit de payer deux euros, signer la charte qui précise que l’électeur partage les valeurs de la droite et du centre et ensuite passer à l’isoloir. Objectif : choisir le candidat qui représentera la droite pour la prochaine élection présidentielle.

A Bondy, beaucoup de gens rencontrés beaucoup avouent ne pas connaître le programme de leur candidat : la grande majorité d’entre eux est incapable de citer une ou deux mesures des candidats de leur choix. Peu leur importe : le plus important pour eux est de voter d’une part pour une personnalité et d’autre part de voter à droite. Donc de ne pas voter à gauche, trop déçus. C’est le cas d’Emmanuel Malaurie, 58 ans, cadre, ex votant de gauche, « séduit par la personnalité de François Fillon« . « C’est une personne réfléchie, observatrice et serein contrairement aux autres qui brassent de l’air ». Pourtant, il est incapable de citer un projet de mesure de l’ancien Premier ministre. Il sait seulement qu’il a fait le choix de ne pas voter pour Nicolas Sarkozy en raison de cette proposition :  la dégressivité des allocations chômages. Et sur ce point, Emmanuel Malaurie pense que François Fillon « n’est pas aussi catégorique que cela ».

Les questions liées à la politique fiscale du gouvernement reviennent sans arrêt au fil des discussions avec les gens. Murielle Hie, une femme de 52 ans, contrôleuse de gestion, est particulièrement en colère contre François Hollande pour avoir augmenté les impôts sur le revenu.« Je paye 1 000 euros de plus d’impôt sur le revenu et forcément derrière, il y a les les impôts locaux qui augmentent alors que mes revenus n’ont pas changé. Même Nicolas Sarkozy n’avait pas fait cela ». Même constat pour son fils, smicard. « Il paye 400 de plus. Lui, qui était à gauche, il ne l’est plus du tout », dit-elle.

Remontée à bloc, elle ajoute qu’elle ne supporte plus entendre François Hollande, elle qui avait voté socialiste lors de la précédente élection présidentielle  et affirme « ne peut plus voir la gauche en pâture ». Elle votera Nicolas Sarkozy et qu’importe « qu’il ait été mis en examen ». Ajoutée à cette affaire, les accusations portées par l’homme d’affaire franco-libanais Ziad Takieddine qui affirme avoir des preuves sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Il ressort des discussions que les affaires judiciaires dans lesquelles sont ou ont été impliqués des candidats à la primaire, ne seront pas une raison pour voter contre ces candidats. Et sur ce point, Mourad Cherif, un Bondynois de trente-huit ans, dit que ce qui l’importe « c’est l’expérience, c ‘est la raison pour laquelle j’ai voté pour Alain Juppé ».

Mélissa BARBERIS

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