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Un samedi à Courcouronnes (91), le matin. C’est le meilleur moment de la journée pour distribuer des tracts. Nous en profitons pour rencontrer Abdelaziz Ammari, le candidat PS à l’élection municipale. Il nous donne rendez-vous près de la poste de son quartier, le Canal. Abdelaziz Ammari arrive tracts à la main. Chaussures cirées, veste cintrée et écharpe nouée au cou, lui et ses militants sont sur leur 31.

Etonnées, nous nous demandons si ce style bcbg participe d’une stratégie politique. Après tout, on peut bien séduire l’électorat de cette manière. Nous avons tout faux. Si Ammari et son équipe sont sapés classe, c’est parce qu’ils sont attendus l’après-midi chez un photographe pour réaliser leur photo officielle de campagne.

D’ici là, ils ont tout le temps de serrer des mains. Quel endroit plus indiqué que la Poste ? « Un lieu stratégique », nous assure t-on. Surprise, l’espace est quasi désert et pour cause, en face, le parking est en chantier. Qu’à cela ne tienne, le candidat socialiste et ses camarades sont bien décidés à tracter. Seulement, ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée. A quelques pas d’eux, les colistiers de Stéphane Beaudet, maire UMP sortant, font campagne.

Pas de temps à perdre, Abdelaziz Ammari part faire le tour des « points de tractage ». Campagne oblige, les tables des différents partis ne sont jamais très espacées les unes des autres. En passant, le candidat PS a toujours un petit geste, une parole aimable. Sur la forme, les rapports entre les adversaires restent cordiaux mais dans le fond, les coups bas fusent.

Nous découvrons un tract assassin : « Hôpital de Courcouronnes : le candidat PS à la municipale perd la mémoire. » Une querelle éclate à propos du tract. « C’est la délibération que vous avez votée et qui va faire fermer l’hôpital, j’aurais bien aimé te la donner », nargue Joséane Adélaïde, l’adjointe au maire UMP chargée des sports. « C’est de la propagande électorale et commence pas à me traiter de menteur », lui répond le candidat socialiste. « Non, j’ai juste dit que tu as menti », ajoute-elle.

Visiblement embarrassé, Abdelaziz Ammari abandonne vite la discussion. Nous décidons de rester et demandons des explications. Selon Joséane Adélaïde, le Parti socialiste local est responsable de la perte à venir de l’hôpital de Courcouronnes. Il y a dix ans, lorsque qu’Abdelaziz Ammari était conseiller municipal, il a voté pour la fusion entre l’hôpital Gilles de Corbeil-Essonnes et l’hôpital Louise-Michel de Courcouronnes.

Les services de ces deux hôpitaux seront regroupés au sein du Centre hospitalier sud francilien (CHSF). Ce dernier devrait sortir de terre en 2011. Le candidat PS estime que c’était un choix soutenu par la majorité de l’époque. Pour lui, il n’y a donc pas de raison de polémiquer. Pourtant, le quartier du Canal est organisé autour de l’hôpital Louise-Michel encore sur pied. Sa fermeture entraînerait la mort du quartier, estime les habitants du lieu.

Abdelaziz Ammari ne se laisse pas perturber par ce tract. Comme prévu, il finit sa matinée avec une sortie d’école, toujours clinquant, même les enfants le remarquent. « Monsieur, vos chaussures brillent ! », lui lance un garçon. Le candidat PS engage la conversation avec plusieurs mères de familles. Il joue la carte de la proximité, une stratégie appliquée à la lettre depuis trois mois.
 
20minutes.bondyblog.fr/files//Kelly_audio_Courcouronnes.mp3

Kelly Pujar, Oumelkheir Djenaidi, (Extramuros). Audio : Sophie Cois.

Kelly Pujar –

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