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Arrivé pile à l’heure de notre rendez-vous en scooter, pantalons à pince, Black Berry à la main, Abdelhak Kachouri a tout de l’homme d’affaires. A peine les présentations faites et déjà un appel professionnel sur son téléphone portable. « Mon directeur de campagne est en congé en ce moment, je dois tout gérer seul », dit-il. Abdelhak Kachouri fait partie de ces personnes qui n’ont pas de diplômes mais de l’expérience revendre. Une expérience qui lui vaut d’être second maire adjoint de la municipalité de Saint-Ouen (93) et tête de liste du Parti socialiste en Seine-Saint-Denis pour les élections régionales.

Son enfance, il l’a vécue dans un quartier populaire de cette même ville au sein d’une famille de neuf enfants. Très tôt, il prend conscience des responsabilités. A 16 ans, il arrête l’école « par nécessité familiale. Quand il y a le père uniquement qui travaille, forcément il faut contribuer à ce qu’on appelle les dépenses mutuelles ».

C’est aussi à cet âge-là qu’il colle sa première affiche. Il entre dans la vie active et se laisse séduire par le PS. Un parti politique qu’il considère comme « le seul à véritablement prendre en compte les problèmes dans les milieux modestes, le seul dans lequel on a des élus issus des milieux populaires », affirme-t-il en homme politique faisant l’article pour sa formation. Rama Yade et Rachida Dati à l’UMP sont pour lui « trop dans l’affichage » et « feraient mieux de se préoccuper des problèmes de la population ».

La diversité ? Un mot bien trop familier à son goût. Ce jeune homme de 33 ans, cadre administratif, n’aime pas répondre à la question aujourd’hui incontournable du « candidat de la diversité ». Il se considère comme un candidat du Parti socialiste, attaché aux valeurs républicaines, point barre. Tout juste ironise-t-il à son sujet : « Mes origines bretonnes sont ce petit plus qui font que je suis plus crédible sur les questions qui touchent les quartiers populaires. »

Abdelhak Kachouri passe de l’humour au sérieux en quelques secondes. Il dit vivre super bien « super bien » la campagne des régionales et confie avoir perdu 8 kilos. Des semaines politiques intenses où il mange moins. Il sillonne le département en scooter, fait du porte-à-porte : « Les gens ne s’attendent pas à avoir une tête de liste à leur porte, ça créer l’évènement. »

La tête de liste PS du 93 a naturellement des ambitions et ses priorités sont en rapport avec les compétences des régions. Mieux faire dans : l’emploi, la formation, l’apprentissage, les transports en commun (rapprochement avec la capitale, gratuité pour les jeunes en recherche d’emploi), le renforcement des soins médicaux. Toute chose qu’il entend mettre en œuvre s’il est élu et si le PS avec ses futurs alliés de gauche l’emportent bien sûr.

Imane Youssfi

Imane Youssfi –

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