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[#PRESIDENTIELLE2017] Ce samedi 22 avril, veille du premier tour de l’élection présidentielle, les reporters du Bondy Blog ont investi La REcyclerie, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, pour une conférence de rédaction participative autour du thème « citoyenneté et présidentielle ». Ici, reportage avec des abstentionnistes dans un bar PMU, Porte de Clignancourt.

À la sortie du métro Porte de Clignancourt, dans le nord du XVIIIème arrondissement de Paris, en face du kiosque, à l’angle du boulevard Ornano, s’érige le bar Clignancourt. Avec sa large façade et les télévisions qui attirent l’oeil, impossible de le manquer. À l’intérieur, l’ambiance est détendue, même si une pointe de morosité se fait ressentir. En ce samedi après-midi, veille de vote, l’élection présidentielle est dans toutes les bouches. Parmi la clientèle, à majorité masculine, certains s’occupent aux jeux à gratter tandis que d’autres fument en terrasse, une tasse de café à la main. Le bar PMU est divisé en deux parties, une première réservée aux consommations côté du bar et une autre consacrée aux passionnés des courses de chevaux et tiercé.

« Il n’y a pas eu de vrais échanges ni de débat entre les candidats »

Au bar PMU « Clignancourt, Porte de Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Les clients passent du bon temps en cette fin d’après-midi, pourtant nuageuse. Chacun semble avoir son petit coin fétiche. L’un des habitués, Koudeche, 67 ans, emmitouflé d’une veste grise, se dit  « abstentionniste convaincu » même s’il nous révèle au cours de la conversation ne pas avoir le droit de vote pour la présidentielle. Le retraité est un immigré portugais. Qu’importe, il aime parler politique et partager ses opinions. « Les candidats sont soit artificiels, comme Macron, soit clownesques comme Jean Lasalle ! » s’exclame-t-il, un peu dépité. Derrière lui, Abdaour, chef de boucher, 55 ans, rejette « ce système politique français », qui empêcherait tout candidat de réaliser ses promesses de campagne. « Ce sont toujours les mêmes personnes », dit-t-il, déçu par cette campagne entâchée par « les mains malhonnêtes de la droite », dit-il. Il estime qu’il n’y a pas eu de vrais échanges ni de débat entre les candidats.

« Ils sont tous pourris »

La campagne électorale et les affaires judiciaires ont mené beaucoup d’électeurs à se remettre en question. Pour Freddy, 38 ans, le cas Fillon devrait rester un problème que Fillon seul doit régler. Ce chauffeur poids-lourd, muni de son casque de moto, est accoudé au comptoir pour son petit noir. « Ils sont tous pourris, tout est fait pour les arranger eux. Ils utilisent les faits divers pour s’arranger entre eux. Je m’en fous complètement que Filon se soit mis plein les poches car moi aussi j’ai fait dans le trafic, mais je ne veux pas qu’on me dise de me serrer la ceinture. En fait, je n’ai pas peur des politiques, j’ai surtout peur du monde que je vais laisser à mes enfants ».

Au bar PMU « Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Fabrice, vient tout juste d’entrer dans le bar, l’air blasé, sans intérêt. Pour la première fois, Fabrice a décidé de voter blanc. Il a toujours voté. En 2012, il avait voté pour Hollande. Cette fois-ci, il a hésité à voter Méchenchon mais il ne votera certainement pas pour Macron. « On ne sait pas où il veut aller », explique-t-il.  Je comprends les abstentionnistes mais c’est important de voter ». Déçu par Hollande, le vote blanc c’est sa façon de le faire comprendre.

Pour les indécis, entre vote et abstention

Fabrice, 36 ans, cheveux en brosse, assez énergique, est livreur à Intermarché à Melun. Il compte voter blanc et pour lui, il s’agit là d’une forme d’abstention. Il a pris le temps de mesurer son choix, d’abord seul. Mais après quelques minutes d’échanges, il ricane et lance « C’est ma femme qui m’a obligé à aller voter !  » De l’autre côté du bar, Bulent Baykal, 55 an, veste bleue, est profondément indécis. Arrivé de Turquie en 1982 pour raisons politiques, ce commerçant en prêt à porter dans les marchés, explique « ne pas se sentir en sécurité. Les flics ne s’occupent pas du tout du 18ème après 22 heures ». Il a toujours voté à gauche mais se dit, lui aussi, déçu. S’il se décide, il compte voter Marine Le Pen.

Les lecteurs Sarah, Laure, Maxime, Hazem avec Yousra GOUJA

Crédit photo : Frédéric BERGEAU 

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