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Ambiance festive dès la sortie du métro « Porte de Pantin ». Tam tam, grillades et tractage accueillent le flot humain par intermittence. Un métro toutes les 45 secondes. L’esplanade de la Villette est un lieu d’animation naturel avec ses terrasses de café, sa fontaine et surtout ses pelouses « anglaises » où le ballon rond perd, depuis quelques semaines, le monopole au profit du ballon ovale. Devant le Zénith, les files indiennes s’engouffrent dans la grande arène, suite à d’interminables fouilles des sacs et des corps. L’entrée est libre, pas besoin de billet à retirer gratos dans les divers points de vente comme annoncé depuis quelques jours. Tout cela se fait dans la bonne humeur et la détente. La soirée s’annonce consensuelle.

A l’intérieur, Serge Moati, le journaliste de télévision, chauffe la salle. Sur sa gauche, un espace est réservé aux musiciens, à sa droite un pupitre attend les artistes de la parole. Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, la voix grave : « Face à la droite décomplexée, nous sommes une gauche sans gène !  » Tout le monde applaudi la trouvaille verbale. C’est au tour de Bernard Henri Levy d’enchaîner : BHL.mp3

Après cela, Serge Moati rassure les spectateurs : « On ne va pas que parler ce soir, place à la musique avec le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly. » Dans les allées du Zénith, les bars font couler les bières et le champagne, le stand de SOS racisme écoule les petites mains jaunes et les affiches. Carte postale sonore : zenith.mp3

 

Tiken Jah Fakoly sait qu’il doit accélérer le tempo, Moati souhaite reprendre la main et le micro. Il sort de sa poche une fiche avec une liste de personnalités présentes ce soir. Il cite les noms, sous les crépitements des flashes, en appuyant fort en fonction du niveau de popularité. Adjani, Hollande et Bayrou ont eu droit à ce privilège. Et pour donner un ton plus politique ou politicien à cette rencontre, et signifier que cette question transcende les clivages, il annonce le nom d’un député UMP du Morbihan : François Goulard. La salle reste de marbre, personne ne connaît ce député, ancien membre du gouvernement Villepin. L’ancien premier ministre ne rate pas une occasion pour balancer une peau de banane sur la route de Sarkozy.

Dans la foulée, François Hollande joue sur le même registre et s’empare du pupitre : « Bien sûr, si nous revenons aux affaires, on supprimera cette loi.  » Quand reviendront-ils ? Aucune réponse du premier secrétaire du PS. François Bayrou, avec son phrasé si particulier, demande aux parlementaires de toutes les tendances de saisir le Conseil constitutionnel en cas d’adoption de cette loi, tout en expliquant que ce rassemblement n’est pas un « meeting » d’opposition à Nicolas Sarkozy. En clair, je ne suis ni avec vous, gens de gauche, ni avec lui, homme de droite.

Un peu plus loin, assis sur l’escalier qui mène aux tribunes A, B, C, D, un homme d’une cinquantaine d’années me donne son point de vue sur cette manifestation et notamment sur le rôle de SOS-Racisme depuis quelques années : temoin.mp3

Les organisateurs affirment que « 200 000 personnes » avaient signé la pétition « Touche pas à mon ADN ». La balle est dans le camp de la commission mixte paritaire qui se réunit demain pour élaborer une version commune (Assemblée nationale et Sénat) du projet de loi sur l’immigration.

Nordine Nabili

Nordine Nabili –

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