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À personnalité nouvelle, liste et affiche nouvelles. « En avant Drancy ! », c’est le nom de la liste d’union de la gauche qui a résolument décidé de ne pas faire comme tout le monde. Avec un QG de campagne dans un ancien Vidéo Futur et une affiche qui prend des airs de poster de concert, la liste menée par une sénatrice communiste, Eliane Assassi, veut présenter la gauche, qui jusqu’en 2001, communistes en tête, dirigeait la mairie, sous un nouveau jour. Plus frais, plus décalé, plus coloré. Dans le quartier généal, les cassettes et dvd ont été remplacés par l’affiche haute en couleurs qui recouvre les murs.

« C’est sûr que ça change et c’est aussi porteur d’un vrai projet », commente Eliane Assassi en regardant cet affiche-ovni. Pour elle, c’est très représentatif du programme de sa liste qui regroupe le Parti socialiste, Lutte Ouvrière et des associations citoyennes. C’est aussi représentatif de sa propre personnalité. « Et en plus ça n’a pas du tout ce côté revanchard », ajoute-t-elle. Entendez revanchard vis-à-vis de la droite qui, aux dernières municipales, celle de 2001, a remporté haut la main la mairie de ce bastion communiste. L’élection de Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) avait alors été un « traumatisme » pour les communistes et la gauche en général qui n’avaient pas du tout prévu sa victoire.

Pour autant, Eliane Assassi tient à préciser qu’elle ne tient pas à « défaire tout ce qui a été fait » lors de cette mandature et qu’elle n’attaque pas le maire sur son bilan. Bien sûr elle est en désaccord avec lui sur de nombreux sujets (celui du logement entre autres), mais ce qu’elle reproche à Jean-Christophe Lagarde, c’est avant tout sa façon de gouverner. « C’est le fait du prince, s’indigne-t-elle. Je sais que cette expression est à la mode en ce moment, mais là, ça s’applique tout à fait. Les décisions, il les prend seul, dans son bureau. »

Le bilan du maire satisfait beaucoup de Drancéens et la candidate de la gauche concède que « ça va être difficile », mais elle y croit. « La gauche a encore du sens dans ce pays, s’enthousiasme-t-elle, et les gens sont très contents d’avoir une liste d’union. » Elle ajoute qu’elle n’est pas assimilée à « la vieille garde communiste et à l’ancienne équipe municipale », ce qui, bien qu’elle ne cache aucunement son appartenance au PC, est un atout. Elle n’en dit pas autant de Jean-Christophe Lagarde à qui elle reproche de cacher son étiquette politique. « Il veut faire croire qu’il n’a pas de parti, le problème c’est qu’il est président du Nouveau Centre en Seine-Saint-Denis !, rappelle-t-elle, Lagarde, c’est la droite, il ne faut pas se leurrer ! »

Eliane Assassi présente les trois volets principaux du programme de sa liste :

– le logement ; pour « arrêter de livrer la ville aux promoteurs privés et construire des logements sociaux dans un esprit de mixité sociale » ;

– les transports et la desserte de cette ville au cœur de la Seine-Saint-Denis ; car même si, reconnaît la candidate, ils ne relèvent pas directement de la municipalité, « la mairie doit aider les gens à exprimer leur mécontentent et à trouver des solutions avec les autres partenaires » ;

– l’exercice de la démocratie, c’est-à-dire « le partage du pouvoir », qui selon la candidate est bafoué par l’actuel maire.

Dans le QG de campagne, les rubriques de Vidéo Futur sont encore là : « comique », « horreur », « action », etc. Eliane Assassi a un faible pour la rubrique « fantastique ».

Elisa Mignot (Extramuros)

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