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Devinez qui a dit : « Je souhaite que le pouvoir de nomination du chef de l’État soit encadré pour que pour les postes à haute responsabilité, la décision soit partagée avec le parlement » ? Avant de vous donner la réponse, je vais vous raconter une petite anecdote personnelle qui vous mettra sur la voie. Il y a quelques années, j’ai recruté un conducteur de travaux alors en fonction au sein d’une collectivité territoriale. Conformément au texte en vigueur relatif aux obligations de la fonction publique*, ce dernier a dû passer, avant son embauche, devant une commission de déontologie chargée d’apprécier la compatibilité des fonctions qu’il allait occuper au sein de la société, avec celles qu’il avait exercé au cours des trois dernières années.

Que ne fut pas ainsi ma grande surprise d’apprendre aujourd’hui la nomination du secrétaire adjoint de l’Elysée M. François Pérol, au poste de PDG des Caisses d’Épargne-Banque Populaire, après avoir suivi personnellement ce dossier (et injecté 7 milliards d’euros !) sans avis préalable de la commission de déontologie.

Que l’on m’explique alors pourquoi une règle que je trouve légitime, édictée pour préserver l’intérêt général (car elle évite tout conflit d’intérêts) s’applique à tous les serviteurs de l’État sauf ceux qui se trouvent à son sommet ?

La réponse apportée par nos dirigeants est « simple » : « Il est le meilleur candidat. » Tiens donc ! Cela doit être un parlement fantôme qui l’a désigné et tant pis pour les autres candidats potentiels. Et surtout, « adieu aux engagements de campagne », pour revenir à ma petite devinette ! Car comme vous l’aurez deviné, il s’agit d’une citation de notre cher Président.

Et comme ce dernier se révèle être le meilleur joueur de Monopoly au monde, tous les coups de « dés » sont permis pour racheter les plus belles rues de la capitale.

En effet, en moins de deux ans il a « acheté » la rue des Champs-Élysée, la rue Cognacq Jay (TF1 proprio ami intime et parrain de son fils, combinée à la nomination directe du Président de France télévision), la rue de la Presse (le proprio du groupe Hachette est un ami intime, sans oublier celui du Figaro, député UMP et accessoirement PDG de groupe Dassault), la rue de la Banque (PDG Dexia : ancien collaborateur, idem pour le directeur général de la Société Générale, auxquels s’ajoute bien sûr la future seconde Banque de France dirigée par M. Pérol), la rue de la Justice (avec notamment la suppression des juges d’instructions), la rue de la Paix (DG du groupe Arnault, témoin de son mariage), la rue d’Alger (régénérescence de la Françafrique sous la diligence de Bernard Kouchner, ami des Présidents à vie), et j’en passe pour le tour du propriétaire…

Si en plus vous détenez la banque et la prison, alors vous pouvez jouer tranquillement tout seul, sans risque d’être détrôné… Pour nous autres, joueurs amateurs, pour la plupart désargentés, nous pouvons constater amèrement, malgré la crise économique et les promesses, que « l’argent va toujours à l’argent »…

Yacine Djaziri

*Loi n°2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique.

Yacine Djaziri –

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