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MUNICIPALES 2014. Entre manifestation contre le pouvoir d’Erdogan et campagne pour les municipales, les jeunes strasbourgeois d’origine turque ont un agenda politique chargé. Les échos des événements en Turquie résonnent dans cette ville dans laquelle résident 30 000 d’entre-eux.

Entre manifestation contre le pouvoir d’Erdogan et campagne pour les municipales, les jeunes strasbourgeois d’origine turque ont un agenda politique chargée. Les échos des événements au sein de la Sublime Porte résonnent dans cette ville dans laquelle résident 30 000 personnes d’origine turque.

« Ce qui se passe à Istanbul me préoccupe plus que les municipales« . Comme les 30 000 strasbourgeois d’origine turque, Cansu a les yeux rivés sur les manifestations au pays. Le décès, mardi 11 mars, d’un adolescent de 15 ans a ravivé les braises de la contestation de l’an dernier où il avait été grièvement blessé, en juin 2013.  Alors, m’explique Cansu, « avec tout ce qui se passe en Turquie on a tendance à plus s’investir que pour ces petites élections. C’est comme ça. Mais j’irai voter, j’ai toujours voté. »

Vendredi 14 mars, 400 personnes se sont rassemblées devant le consulat de Turquie dans le centre-ville. Ndiya, 23 ans, fait partie de ceux qui ont lancé le mouvement sur Twitter. “Rendez-vous compte c’est la première fois qu’un enfant est tué” s’indigne-t-elle. Les réseaux de cette jeune strasbourgeoise sont submergés des messages de révolte en provenance de ses amis en Turquie.

Hakan, 22 ans et Berkan, 16 ans, ont aussi fait le déplacement. Ces jeunes alévis ne tolèrent plus ce qu’ils appellent « la dictature Erdogan » : « Le pouvoir d’Ankara ne supporte pas qu’on soit différents de lui. Ils briment les alévis depuis des années ». Leur engagement politique ne date pas d’hier : « En tant que jeune kurde à Strasbourg, on a grandi au rythme des manifestations ».

Au sein de la jeunesse turque de la capitale européenne, l’actualité divise. Elvan, 19 ans, le reconnaît : « Au moment des manifestations de l’année dernière, je me suis brouillé avec plusieurs amis qui continuaient à supporter le régime. » Car à Strasbourg comme en Turquie, une large part de la population reste fidèle à Reycip Erdogan et à son Parti pour la justice et le développement (AKP).

« Il n’y a pas de vote Turc à Strasbourg »

La division de cette communauté a des impacts jusque dans la vie politique municipale. Sur la liste qu’il mène aux élections, le maire sortant Roland Ries s’est séparé de son conseiller municipal Saban Kiper, jugé trop proche de l’AKP et du pouvoir d’Istanbul. Il s’était fait remarquer en 2011 lorsqu’il avait estimé que les 30 000 manifestants kurdes réunis pour la libération d’Abdullah Öcalan étaient « proches d’un groupe terroriste« .

Si tous les Turcs de Strasbourg n’ont pas la nationalité française, le vote turc est néanmoins difficilement récupérable. Tête de liste pour les municipales, Tuncer Saglamer insiste : « Les Turcs de Strasbourg ont des sensibilités très diverses tout comme leur vote. » Arrivé de Turquie à l’âge de 6 ans, ce chef d’entreprise aime se définir comme « un enfant d’ailleurs mais un citoyen d’ici. » Après une première candidature en 2008 sur la liste UMP de Fabienne Keller, il ne voulait plus être le Turc d’une liste. Pour autant, il dément être le candidat d’une communauté et défend un engagement citoyen.

httpv://www.youtube.com/watch?v=Y28-tYN8NYo&feature=youtu.be

Rémi Hattinguais

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