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« Pas question que les socialistes reprennent une ville acquise aux communistes depuis 1925 ! » Ce cri du cœur, c’est celui d’Alain, militant communiste depuis les années quarante. Ce Vitriot pur jus digère mal le refus du Parti socialiste de constituer une liste commune avec le PC. Tracts à la main sur le marché qui jouxte l’église, il donne au scrutin une importance nationale. « Par rapport à la politique de Sarkozy, il faut réunir les forces de gauche », finit-il par lâcher.

L’union, les partisans du maire adjoint Jean-Marc Bourjac, tête de liste PS, ne peuvent plus la concevoir malgré la cogestion de la municipalité assumée depuis 2001. « Vitry est devenue la ville la plus paupérisée du Val-de-Marne. Le mal-vivre se banalise. Nous voulons casser ce cycle vicieux », résume Marc Cabanes, secrétaire de section PS. « Il y a une vraie dynamique pour les socialistes, l’électorat demande un autre choix. Il l’a exprimé dans les cahiers du changement que nous avons recueillis », ajoute Guy Labertit, candidat PS aux cantonales comme aux municipales.

Pourtant, samedi matin, la foule dense présente sur le marché semble beaucoup plus préoccupée par son pouvoir d’achat que par les élections. La faute aux soldes ? « Ici tout se jouera dans les derniers jours », assure nullement inquiet le socialiste Guy Labertit. Pourtant, au niveau national, les résultats de cette ville de 82 100 âmes seront examinés à la loupe par les responsables du PS. Vitry-sur-Seine est l’une des sept villes de plus de 30 000 habitants pouvant passer du rouge au rose.

Bruno Leroux, chargé des élections rue de Solférino, a misé sur une victoire, espérant profiter de l’effet « boule de neige » des législatives et de la présidentielle. Le PS devançait localement le PC. Les communistes jouent gros. Une défaite sans précédent depuis quarante-deux ans à Vitry leur porterait un coup sérieux. Politiquement et financièrement.

D’autres partis entendent bien profiter de cette scission à gauche. Pour la Ligue communiste révolutionnaire et sa tête de liste, Bernard Galin, « la zone franche, la police municipale, la place forte faite aux promoteurs immobiliers » sont des problèmes criants. « Nous voulons mettre fin à la faiblesse du système démocratique de ce conseil municipal », prévient ce professeur de mathématiques.

Côté UMP, un candidat issu de la diversité est présenté comme le coup de poker de la droite. Son nom : Six-Emmanuel Njoh. Ce juriste d’origine camerounaise n’était pas présent samedi sur le marché mais sur le site internet de la fédération UMP du 94, un de ses propos n’est pas passé inaperçu: « républicain jusqu’à la moelle épinière et seul délégué noir d’une circonscription UMP de métropole ». Son parcours sera-t-il suffisant pour séduire les irréductibles du communisme ?

Kelly Pujar (Extramuros)

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