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Le Nord-Pas-de-Calais mobilisé
Le premier tour des élections départementales a soulevé une mobilisation dans le Nord ainsi que le Pas-de-Calais. Une mobilisation pour l’opposition. Pour ce premier tour des élections, le taux de participation dans le Nord s’est soldé par 36,92 % de votes, contre 34,6 % en 2011. Dans le Pas-de-Calais, le chiffre s’est élevé à 45.59%, contre 33,81%, en 2011.
Selon des résultats partiels (basés sur la moitié des bulletins) publiés par la Voix du Nord, le FN recueillerait 35,6% des suffrages dans le Pas-de-Calais contre 18% pour le PS et 22% pour l’Union de la droite. Dans le Nord, le FN recueillerait 32,70%, devant l’Union de la droite (32,35%), le PS (18,79%) et le Front de Gauche (5,71%).
Un résultat qui conforte la victoire des idées de Marine Le Pen dans les deux régions : le parti arrive en tête dans nombre des 80 cantons en jeu. Du reste, L’UMP revient en position de force tandis que le PS trépasse. La région, historiquement socialiste, fait face à la pauvreté grandissante. Touchée en son cœur par la crise économique, elle semble donc privilégier les thèses lepenistes, dans l’espoir de se relever.
Bien que les grandes figures socialistes sortantes (Françoise Rossignol à Arras, le président sortant Didier Manier à Villeneuve-d’Ascq et le ministre de la Ville Patrick Kanner à Lille) ne semblent tenir la barre, la situation est plus risquée pour Michel Dagbert, président sortant du Conseil général du Pas-de-Calais et candidat à Noeux-les-Mines ou encore Olivier Majewicz sur le canton de Marck-en-Calaisis. Ainsi, s’asseoir sur les maigres réussites -comme le bilan des conseils généraux en matière de RSA, de collèges, d’allocations aux personnes âgées etc.- s’est révélée être infructueuse auprès des votants du Nord et du Pas-de-Calais.
« Ce qu’on souhaite, c’est du travail, pas de fêter chaque mois notre paiement de RSA » s’insurge un jeune « actif »… déjà en proie au chômage. »Nous avons autant de lueur d’espoir pour notre avenir qu’il y a de rayons de soleil dans le Nord » peste une retraitée.
Car avec leur 12,8% et 13% de taux de chômage, les deux régions peinent à trouver une voie de sortie. C’est donc tout naturellement qu’à Roubaix, ville tristement réputée pour être la plus pauvre de France, Renaud Tardy, vice-président PS sortant du conseil général est battu et éliminé dès le premier tour. Le premier adjoint de la droite municipale, Max-André Pick, avec Karima Zouggagg, arrivent en tête devant le FN.
Des grondements sourds, la région du Nord-Pas-de-Calais passe à l’action. Ce ne sont plus des auto-félicitations pour de petites victoires que les habitants souhaitent, ce sont des promesses d’emploi, de « repartir économiquement« . Aux terrasses des cafés, dans la rue, les « conversations de comptoir » ont aujourd’hui fait entendre leur mécontentement. Reste aux tandems UMP-FN de faire leurs preuves.
Lara Plougastel
Une « légitimité démocratique » au rabais
Tout était réuni pour que les cartes électorales restent rangées à la maison : faible médiatisation, casseroles qui s’accumulent à une vitesse folle dans chaque parti, élections pour des conseillers départementaux dont on ne connait pas encore les attributions… Et pourtant, l’abstention ne remporte pas le premier tour avec une majorité absolue. La participation atteindrait les 51% selon le ministère de l’Intérieur. Les médias et la plupart des partis politiques se réjouissent de la « mobilisation des Français ».
Néanmoins, si le rejet de la politique gouvernementale semble avoir conduit les électeurs à se rendre aux urnes, en Seine-Saint-Denis, la participation chute historiquement aux alentours des 30%. Dans ce département plus jeune et plus pauvre que la moyenne nationale, plus de 7 électeurs sur dix, sans compter les mal-inscrits, ont boycotté l’usage de la carte électorale. Ce constat semble alarmant à plusieurs titres pour la gauche locale. Tout d’abord, dans ce que l’on appelait le « bastion rouge », les candidats FN, sans forcément avoir eu à mener campagne sur le terrain, ont obtenu environ 20% des suffrages exprimés.
De plus, à cause de cette abstention record, dépassant les 80% dans certains bureaux de vote, les conseillers départementaux ne détiendront qu’une « légitimité démocratique » au rabais. Il parait donc urgent pour les élus locaux de dépasser les querelles politiciennes afin de démontrer à leurs concitoyens que leur vote peut avoir un réel impact sur leur quotidien.
Tom Lanneau
 
 

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