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MUNICIPALES 2014. À trois jours du second tour des élections municipales dans la commune de Bobigny, la bataille fait rage entre les deux listes encore en course : celle de l’Union de la Gauche menée par Catherine Peyge, en ballotage avec un écart de 301 voix face à la liste UDI de Stéphane De Paoli en tête. 

Après plus de 95 ans de communisme, la préfecture de Seine-Saint-Denis et sa maire ont connu un cataclysme au premier tour de cette élection municipale et ont vu leur hégémonie remise en question. De Paoli et sa liste UDI ont su saisir leur chance et il devance désormais la candidate sortante d’environ 4%. En interrogeant des personnes habitants dans la ville on constate une unanimité vis-à-vis de cette situation inattendue.

Pour Catherine, 35 ans, assistante sociale : « L’inaction, la dégradation de la qualité de vie, ça fait six ans que je suis à Bobigny, depuis son dernier mandat j’ai observé comment la ville s’est dégradée en six années. Je pense qu’il y a une certaine forme de ras-le-bol … Elle a tout de même toute ses chances, historiquement on sait que c’est le PC qui passe dans le 93, Bobigny parmi tant d’autres … Avec De Paoli ça sera la même chose, on aura une police de proximité, donc plus d’impôt, et la vidéo-protection qui n’est pas une mauvaise idée « .

Islem, 19 ans, étudiant : « La mentalité des gens a changé vu que ça fait pas mal d’années que les communistes sont en place à Bobigny, la population a évolué au fil de temps, c’est vrai que nous les jeunes à notre place on voit pas trop de changement. Je pense que les gens veulent juste essayer quelque chose de nouveau. Néanmoins elle peut revenir puisqu’elle a son public … Il faut que les deux se donnent à fond pour cette dernière ligne droite « 

Les grands enjeux de cette campagne à Bobigny restent l’emploi et l’insertion professionnelle, avec près de 20% de chômage, et un jeune sur six avec un diplôme en poche. Les programmes des deux camps restent flous quant au solutions proposées, les colistiers de Mme Peyge jouant sur le succès de leur contrat de réussite solidaire instauré en 2007, et la mise en route d’un plan urgence pour l’emploi des jeunes balbyniens.

Cyrille, 19, étudiant : « Je me sentirai plus en confiance avec Catherine Peyge. Avec un nouveau parti, qui ne connaît pas trop les jeunes de Bobigny, leur mentalité, et qui d’entrée veut imposer une police de proximité et des caméras c’est un peu moins rassurant…  Je voudrais bien monter une association pour récupérer le local de notre résidence avec mes amis de quartiers, mais je pense que De Paoli sera moins à l’écoute des jeunes, davantage à celui des adultes et des gens aisés« .

Si le duel entre Mme Peyge et De Paoli s’annonce serré, tout reste à jouer pour la maire sortante. Les lieutenants y croient encore. La victoire est envisageable en cas d’un éventuel ralliement des électeurs de Lutte Ouvrière ou de Pierre Ramos (Divers droite), ce qui semble peu probable. Si De Paoli passe au second tour, cela n’aura pas seulement une incidence sur la ville mais aussi sur l’intercommunalité.

Jimmy Saint-Louis

 

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