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C’est en plein air, sous un arbre, que Fadila Mehal a choisi de débattre en ce dimanche ensoleillé. Au Square de la Résistance, à Montreuil, une quarantaine de personnes se sont déplacées pour assister au débat. Femmes à ombrelles et femmes à boubou se sont succédés – entre deux spécialités maliennes – pour poser des questions à Fadila Mehal, numéro 3 de la liste Modem en Ile-de-France aux Européennes. Immigration, diversité, respect des femmes, co-développement, autant de thèmes qu’elle souhaite mettre en avant dans sa campagne, avec ses colistiers Marie, Sabrina et Karim.

« Je ne suis pas née en Europe, mais je suis devenue européenne en devenant française il y a maintenant 45 ans », explique-t-elle. Le choix de ses colistiers n’est pas anodin. Sabrina, jeune française d’origine maroco-tunisienne, est attachée au combat féministe, « qu’il va falloir renforcer surtout en temps de crise », dit-elle. C’est à travers l’Europe, selon elle, que ce combat peut faire les plus grandes avancées. Elle cite la parité votée en 1999 mais pas appliquée partout : « Les places dirigeantes de la haute fonction publique ne sont occupées que par 10% de femmes, il en va de même dans les entreprises privées où seules 7% de femmes ont un poste à responsabilité. » Ce qui, ajoute-t-elle, n’est pas le cas par exemple en Suède où l’on impose des quotas. « J’ose espérer que ça viendra en France dans les cinq prochaine années. »

Parmi ses nombreux projets, il y a l’interdiction de la reconstruction des hymens, une campagne contre les mariages forcés et un partage du congé parental entre les deux parents (à savoir, un an et demi chacun).

Fadila Mehal et son équipe ne veulent pas « que les frontières de l’Union européenne deviennent une ligne Maginot imaginaire ». La candidate estime que la directive retour n’est pas digne de la France, pays des droits de l’homme. Le meeting de Montreuil prend des allures d’une réunion d’immigrés, chacun énonçant ses origines avant d’évoquer sa situation. Une « Française, guadeloupéenne d’origine indienne, mais surtout citoyenne du monde », une Malienne, un Algérien… Des Français, dits de souche, prennent aussi la parole.

« L’Afrique souffre du pillage de ses matières premières, elle n’a pas besoin d’une politique de charité alors qu’elle regorge de gisements de matières premières ; ce dont elle a besoin, c’est d’accords et de réformes à l’OMC pour qu’elle puisse vivre de façon autosuffisante, notamment sur la question alimentaire », dit un Africain. Réponse de Fadila Mehal : le Modem projette « le doublement voire le triplement des crédits pour le co-développement ». L’immigré ne demandait pas la charité mais des réformes à l’OMC sur le commerce international…

La candidate Modem, par ailleurs président des Marianne de la diversité, souhaite que les élus du parlement européen soit le reflet de la population européenne, multiple quant aux origines. « La discrimination est un véritable poison, et les jeunes diplômés issus de la diversité sont sous-employés, ce n’est pas nouveau, il faut combattre ce poison par tous les moyens. Yazid Sabeg dans ses propositions au président de la République a évoqué l’utilisation de statistiques ethniques ; la France a un lourd passé avec ce genre de données. Cela dit, elles pourraient être très utiles pour évaluer la discrimination, mais elles sont à prendre avec beaucoup de précaution. »

Il faisait si beau, dimanche… Seule une quarantaine de personnes sont venues écouter Fadila Mehal et ses colistiers. L’abstention, l’autre poison, déplore la candidate.

Widad Kefti

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