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MUNICIPALES 2014. Alors qu’à la dernière présidentielle, Marine le Pen avait recueilli 14,8% des voix à Argenteuil, le parti frontiste semble avoir du mal à s’implanter localement et peine à constituer une liste dans la troisième ville la plus peuplée d’Ile-de-France. Pourtant, avec 15% d’intention de vote, le FN pourrait y provoquer une triangulaire selon un sondage réalisé par l’IFOP en novembre dernier.

Un maximum de candidats dans un maximum de villes. C’est le crédo du Front national et de Marine le Pen dans le cadre de ces municipales. Élections jadis délaissées par le Front mais qui sont aujourd’hui indispensables afin de constituer un maillage territorial et d’avoir des élus qui porteront la parole de Marine le Pen. Cela devrait être facile étant donné que partout, on nous assure à coup de sondages que les idées du FN sont partagées par de plus en plus de personnes. Plus que de poser les bonnes questions, bientôt on va nous dire que le Front national donne les bonnes réponses.

Or, en m’entretenant avec Alexandre Simonnot, secrétaire général du Front national dans le Val d’Oise et tête de liste dans la commune de Taverny pour les municipales, l’impression est différente. D’abord, en constatant les difficultés que rencontre le Front national à trouver des candidats. Ainsi, dans le Val d’Oise par exemple, il n’y aura pas de liste FN à Argenteuil pour les municipales. Non pas que les militants manquent, une liste a même été constituée mais…  personne pour être tête de liste. Même schéma qu’en 2008 donc et pourtant, en 2001, il y avait eu une triangulaire incluant le candidat FN prouvant l’existence d’un électorat important dans cette ville. L’absence du FN dans cette ville est donc un échec pour le parti frontiste.

Pour Alexandre Simonnot, cela s’explique par les réticences de certains à rendre leur adhésion au Front national aussi publique. « Voter FN c’est secret, militer aussi, cela peut-être secret mais être tête de liste, c’est autre chose, d’autant que certains ont peur des représailles ». Et cela, on le déplore évidemment au sein du parti, « ce n’est pas un choix, ni une stratégie, ce sont les militants qui se manifestent afin d’être candidats, on ne peut rien faire ni forcer les gens à se présenter ». Ainsi, sur les 700 listes annoncées par Marine le Pen sur tout le territoire, seules 500 seront effectivement montées. Malgré la dédiabolisation orchestrée en haut lieu, il semblerait que les idées du Front national soient toujours dures à assumer au niveau local.

Ou peut-être est-ce la difficulté de plaquer des sujets nationaux, et qui font recette, au niveau local où les préoccupations sont plus concrètes et portent sur l’économie ou le social. Et pourtant, des difficultés à trouver des candidats, l’échange a tourné à un des sujets « chéris » du Front national.  L’Islam, évidemment. Bien qu’ayant admis que l’on puisse être français et musulman, Alexandre Simonnot parle de l’Islam comme d’une menace. En effet, ces « problématiques » l’inquiètent bien qu’à Taverny, ville où il est candidat, « on n’est pas menacés tant que ça mais on lutte contre » dit­-il. Mais « les gens ne sont pas contents, ils sont inquiets quand ils savent qu’une mosquée se construit à côté de chez eux ».  Pour autant, il estime juste que « si les musulmans veulent une mosquée, ils n’ont qu’à la construire eux-mêmes ». Cela tombe bien, parce qu’à Taverny, le centre islamique est une maison qui a été achetée par des fidèles.

Curieux de voir ces thèmes développés dans une ville où ils ne posent pas de problème. Alors Alexandre Simonnot rappelle que le principal point de son programme, c’est la baisse de la charge fiscale. Ainsi il préconise une « baisse des impôts locaux » mais avec la « suppression des allocations aux associations communautaristes ». Peut-être est-ce cette sorte d’obsession à présenter l’autre comme une menace qui empêche certains de sauter le pas de la candidature, car si le Front national peine à constituer des listes malgré des secrétaires départementaux comme Alexandre Simonnot qui sont là pour épauler et encadrer les candidats, le nombre d’adhérents a lui, augmenté.

Latifa Oulkhouir

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