photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

Miguel Medina/AFP

Une heure et demie avant le début du meeting, les adhérents s’amassent devant le Palais des Congrès. Les premiers arrivés, des personnes âgées, sont rapidement suivies par de jeunes militants. Parmi eux, Clément, 24 ans, à l’UMP depuis cinq ans. Bien qu’indécis, il est là « pour écouter François Fillon. Il a un gros potentiel. C’est un homme rassembleur qui a de l’expérience et qui, contrairement à Copé, est un homme qui prend le temps de réfléchir ». Une vieille dame s’approche et lance « les journalistes sont des charognards qui cherchent à foutre la merde partout. C’est à cause d’eux que Sarkozy a perdu ! », avant de me traiter de « tapin », chose que je prends à la rigolade. D’autres personnes rejoignant la conversion affirment se méfier des journalistes, « contrôlés par la gauche ».

Dans la foule, Nathalie, adhérente au parti depuis 2007 et membre de la team Fillon, décrit l’ex-Premier ministre comme « un homme d’État rassembleur, qui fait un travail de recherche intellectuel avant de prendre des décisions, apte à mener une opposition face au gouvernement actuel ». Copé est vu comme « un chien de combat, agressif qui est plutôt dans l’attaque frontale » par Adrien, membre de la team également.

Après une demie heure d’attente, les adhérents sont invités à rentrer dans l’enceinte du Palais. Un militant posté là distribue des tee-shirts estampillés « Team Fillon ». « Porte-le », lance-t-il, « avec ça, tu pourras être dans la haie d’honneur qui va accueillir Fillon ». Tandis que les adhérents de tous âge affluent dans la salle, le choc des générations est flagrant. Il y a des jeunes d’une part, qui militent, participent à la mise en place de la logistique du meeting et chauffent la salle, pendant que les personnes un peu plus âgées discutent entre-elles, cherchent une place pour s’assoir, parlent des journalistes.

Une vive altercation entre une vieille dame et un cameraman vient perturber l’ambiance bonne enfant. Le ton monte assez vite. Des mots sont échangés, puis les esprits sont calmés par un membre du parti. À 19 heures, le meeting débute. Valérie Pécresse fait son apparition sous un tonnerre d’applaudissements, elle embrasse les jeunes adhérents et les premiers drapeaux français sont agités pendant que d’autres sont distribués aux militants. La mobilisation des militants qui « sont au nombre de 4 000 ce soir » est saluée au passage. La foule est virevoltante.

Après des interventions, plus ou moins brèves des lieutenants de l’ancien Premier ministre et le chant de La Marseillaise, François Fillon fait son entrée sur scène. La musique zen présente en fond sonore laisse place à une autre, plus entraînante. La foule est en délire et scande « Fillon Président ». Récemment remis d’une intervention suite à un calcul rénal, François Fillon semble en pleine forme. Il prend le temps de saluer les jeunes présents dans la haie d’honneur.

Il prêche sa parole devant une foule déjà conquise qui applaudit à chaque fois qu’il fait une pause dans son discours, tacle avec subtilité son adversaire, ou s’amuse de « l’amateurisme » du Président de la République. Les membres du gouvernement actuel sont hués et François Fillon est vu comme le sauveur de la droite et de la France. Après le discours de l’ex-Premier ministre, l’hymne français clôture le meeting, qui aura duré environ trois heures.

Mohamed K.

Articles liés

  • La fête de l’Huma, carrefour mélancolique des gauches en défense

    Tous les ans, la même question revient au moment de la fête de l’Humanité. On se demande qui y va encore. Des vieux communistes, des jeunes parisiens, des familles ? Y a-t-il encore des gens qui y vont pour autre chose que les concerts et l’alcool ? Et, finalement, trouve-t-on encore quelque chose de politique à la fête de l’Humanité ? Difficile de réfléchir comme ça, là-dessus : la question a été mal posée.

    Par Wassily Carpentier
    Le 17/09/2019
  • Les maires du 93 ne se plaignent pas, ils portent plainte !

    Samedi 8 septembre, sur le parvis de la préfecture de Bobigny, les maires de Stains, de Saint-Denis, de l’Ile-Saint-Denis, de Bondy et d’Aubervilliers ont officialisé leur désir de porter plainte contre l’Etat. L’objectif de ce recours en justice est simple : obtenir une reconnaissance des besoins essentiels du département par l’Etat et un dédommagement en conséquence.

    Par Audrey Pronesti
    Le 10/09/2019
  • A Clichy, le gouvernement lance les « Cités éducatives », héritage du plan Borloo

    Julien Denormandie a fait sa rentrée à Clichy-sous-Bois. Toute une semaine de permanence en Seine-Saint-Denis pour le ministre de la Ville et du Logement, durant laquelle il en a profité pour lancer officiellement les « Cités éducatives » en compagnie du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Reportage.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 07/09/2019