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On ne rigole pas avec l’image. Mot d’ordre de la tête de liste UMP à Vitry-sur-Seine : « Habillez-vous comme pour un mariage, s’il vous plaît ! », lance Six-Emmanuel Njoh à son équipe. Au programme de ce samedi après-midi, séance photo pour le lancement de la campagne officielle. « La communication précède l’action. Nous avons fait le test ; même les couches populaires estiment que ce n’est pas sérieux de s’habiller de manière ordinaire », explique Arole Lamasse, colistier de Six-Emmanuel Njoh.

Ils n’en sont pas à leur coup d’essai. La semaine dernière, les photos sont passées à la poubelle, faute « d’harmonie des couleurs ». La séance s’éternise : faute au soleil capricieux du Val-de-Marne. « Nous avons beaucoup de pouvoir mais pas sur celui-là », lance un des membres de la liste.

Retour à la permanence de la rue Guy Môquet. Hasard ou provocation ? On nous assure que c’est une pure coïncidence. Le candidat UMP, optimiste, espère bien arracher la mairie aux communistes malgré l’absence quasi continue de la droite du paysage politique local. « Avant, on n’existait pas à Vitry. Nous sommes là grâce à l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Six-Emmanuel Njoh a rassemblé 35 % des voix au second tour des législatives de juin », déclare Arole Lamasse.

Six-Emmanuel Njoh, juriste de formation, se qualifie comme « un UMP de banlieue, pas un UMP de bourgeois ». Il a choisi la droite après sa rencontre en 1998 avec Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général du RPR. Mais il avoue qu’il aurait très bien pu être à l’aise à gauche. « Pour moi, l’étiquette politique n’a pas d’importance tant que le maire fait bien son travail », explique-t-il.

Né au Cameroun il y a quarante-six ans, il émigre en France à 18 ans pour poursuivre ses études et vit depuis un quart de siècle à Vitry, ville qui regroupe près de 40 % de logements sociaux. « J’ai une double culture. Je suis conscient du racisme en politique », dit-il. Une anecdote éclaire ses propos. « J’ai droit à une entrée VIP en tant que conseiller national de l’UMP. J’ai été nommé directement par Nicolas Sarkozy. Pourtant, je me fais souvent refouler par les agents de sécurité à l’entrée des meetings. » Pour lui, le parti UMP est ouvert, seuls les services de sécurité ne sont pas habitués à la présence d’un Noir à un tel niveau.

Pour gagner, il a concocté un programme alliant prévention et sanction. Son remède pour renforcer la sécurité de la ville : « Nous voulons installer des caméras de surveillance et prolonger les horaires de la police municipale pour qu’ils coïncident avec l’heure de fermeture des commerces. » Sur le plan social, il souhaite l’instauration de la cantine scolaire gratuite. Une aide visant à retenir les classes moyennes, nombreuses à quitter la ville. Autre moyen de pallier ces départs, favoriser l’emploi. Pour cela, le candidat UMP veut créer une zone artisanale.

Plus qu’un programme, l’équipe de campagne a distribué un prospectus assassin qui démonte le travail du conseil municipal communiste. Sont dénoncées pêle-mêle « la montée de la délinquance, la fuite des commerçants ou encore l’augmentation du chômage ». Pour Six-Emmanuel Njoh, tous les moyens sont bons : « Je suis un soldat, j’y vais pour gagner. »

Kelly Pujar et Oumelkheir Djenaïdi (Extramuros)

Kelly Pujar –

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