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Imaginez un jeune de banlieue scolarisé de la maternelle au lycée dans une même école, avec un suivi pédagogique ultra personnalisé, des semaines dédiées au cinéma, au théâtre, des échanges linguistiques à New York ou à Pékin. En somme, « un système qui vous encourage, comme à l’américaine ». Ça fait rêver, non ? Ça sera peut être possible avec l’École Alsacienne qui prévoit la création d’un établissement jumeau en banlieue. Le projet est encore à l’étude mais les choses avancent.

Pour preuve, la nomination de Jacques Donadieu, directeur du développement du projet, en septembre 2007. Et à ce qu’il nous en dit, « cinq municipalités remplissent les conditions pour accueillir le Campus École Alsacienne. Une école ouverte sur l’extérieur, dotée d’un internat à l’anglo-saxonne », déclare-t-il. Pour l’instant, le choix est loin d’être arrêté d’autant que le site sélectionné devra remplir quatre critères essentiels.

Première condition, emporter l’adhésion du maire et de son équipe. De l’aveu même de Jacques Donadieu, « les maires concernés sont très enthousiastes. L’un d’eux nous a dit qu’une École Alsacienne à tartempion (les noms des communes en lice étant encore secrets, ndlr), ça le ferait ! » Plus largement, l’École Alsacienne se prémunie bien de vouloir instaurer une concurrence entre la future école et les établissements de la ville choisie. « Ce ne serait pas une bonne entrée en matière pour nous. C’est pourquoi les communes ciblées sont confrontées à une fuite d’élèves. Les parents inscrivant leurs enfants dans des structures hors secteur », selon Jacques Donadieu. D’où l’importance de susciter l’engouement municipal.

Deuxième critère à remplir, obtenir l’accord du recteur de l’académie choisie et de l’Éducation nationale. « Nous ne sommes pas des francs-tireurs, nous somme sous contrat avec l’État. D’ailleurs, les trois recteurs des académies de l’Ile-de-France sont déjà informés de notre démarche », précise-t-il. La troisième condition est d’ordre pratique mais pas que… Le campus sera situé à une heure maximum en transports publics de la maison « mère ». Les équipes pédagogiques – enseignants en particulier – pourront partager leur emploi du temps entre les cours de la rue Notre Dame des Champs et ceux de la municipalité choisie. Derrière cet aspect pratico-pratique, une stratégie devrait favoriser la mixité sociale.

« Chaque année, nous recevons 1 000 demandes d’inscription. Nous en acceptons 200. L’ouverture d’une annexe permettra de démultiplier les possibilités d’accueil. Les élèves parisiens pourront, s’ils le désirent, être scolariés sur le campus en banlieue. » Quand on sait que le recrutement à l’École Alsacienne est surtout local – sixième arrondissement – le campus devrait être un exemple de diversité. D’autant que les établissements fonctionneront comme deux écoles jumelles : « Les élèves et les enseignants pourront alterner entre la rue Notre Dame des Champs et la ville choisie. »

Dernier critère pour permettre la construction du campus, « la disponibilité d’un terrain de deux hectares minimum ». Aujourd’hui, l’école Alsacienne accueille 1 700 élèves scolarisés de la maternelle à la Terminale. « En hypothèse basse, nous espérons 1 000 inscrits, 1 500 en hypothèse haute », annonce le responsable du projet. Reste à résoudre le problème financier. Car étudier à l’École Alsacienne n’est pas gratuit. « Pour une inscription, il faut compter 2 100 euros par an, sans la cantine. Quand on a un enfant, ça peut aller. Mais avec deux, ça se complique… », concède-t-il. Comme à Sciences Po, « les frais de scolarité devraient être variables en fonction des revenus des parents. Et puis nous comptons instaurer un système de bourse. »

L’école privée sous contrat avec l’État devra donc faire preuve d’imagination pour trouver des fonds. Jacques Donadieu est confiant. Lui qui fût proviseur adjoint du lycée français de New York, mise beaucoup sur les « fund raising », comprenez levée de fonds. « Nous solliciterons tous ceux qui ont un lien avec l’Ecole Alsacienne mais aussi des entreprises, des donateurs et tous les organismes sensibles à la diversité », affirme-t-il. Acteurs de la diversité, manifestez vous…

Nadia Moulaï (Business Bondy Blog)

Nadia Moulaï –

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