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Les résultats, peu reluisants, de l’étude du Bureau international du travail (BIT) publiés il y a un an, donnaient toute raison de croire que la discrimination raciale avait une influence importante sur les critères de recrutement. Dans le débat qui avait suivi l’article paru sur le Bondy Blog, parmi les commentateurs s’était exprimée l’idée que cette étude était limitée à des emplois peu ou pas qualifiés et que cette discrimination ne serait pas forcément aussi prépondérante dans les emplois qualifiés.

Il y a quelques jours, cet échange m’est revenu à l’esprit dans des circonstances particulières. Je me trouvais dans les bureaux d’un cabinet de conseil réputé. Là, dans l’ambiance feutrée de la salle de réunion, m’était présentée l’équipe avec laquelle je devais collaborer pour ma prochaine mission de conseil. En écoutant s’égrener la liste des noms je ne pus m’empêcher de noter que parmi ces sept personnes, il y avait un nom à consonance italienne, un roumain et deux maghrébins.

Je me suis alors rappeler que dans le poste que je venais de quitter quelques semaines auparavant, le numéro deux de la société était lui-même maghrébin. Le responsable de l’avant-vente de cette même PME était également maghrébin et je ne parle même pas des autres « couleurs » qui étaient représentées parmi les employés de l’entreprise.

Pour être honnête, la « diversité » est un élément quotidien de ma vie professionnelle. Dans la grande société où je viens d’arriver, l’autre « petit nouveau » de l’équipe est noir et la stagiaire qu’on me charge d’intégrer au projet est d’origine indienne. Arrivé en mission chez le client, il serait erroné de dire que mon environnement de travail est monochrome; en bref j’ai des couleurs plein les yeux ! A contrario, je ne constate que peu ou pas de diversité chez les plus de quarante ans, ce qui du reste n’est pas complètement étonnant : la France n’a-t-elle pas traditionnellement considéré l’immigration comme une source de main-d’œuvre peu qualifiée ?

Mais le comble de l’ironie, c’est un chasseur de tête qui me l’a exprimé : « Dans un contexte professionnel où le métier requiert de plus en plus de compétences spécifiques et pointues devenues désespérément rares sur le marché, il est difficile d’imaginer que la couleur de peau ou la consonance atypique d’un nom puissent être des raisons de se priver d’un bon candidat. » Certes, cette personne parlait de cadres expérimentés mais tout de même…

Tout cela relève d’une impression empirique, comme une perspective subjective de l’autre côté du miroir. Je n’oublie d’ailleurs pas ces exemples de jeunes diplômés issus des cités exposés à la difficulté de trouver leur premier emploi. Cependant, il me semble qu’il faut se garder de tout manichéisme qui voudrait voir le racisme comme la source principale et quasi exclusive de la non-intégration dans la vie professionnelle d’une partie de la jeunesse de la nation. Cela peut expliquer certaines choses mais cela n’explique pas tout !

Cédric Roussel

Cédric Roussel –

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