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A quelques heures de l’adoption définitive de la nouvelle loi sur l’immigration par le Parlement, le Réseau éducation sans frontières et le collectif Unis contre une immigration jetable ont lancé un ultime appel à la mobilisation. Le rendez-vous parisien était fixé samedi du côté de Belleville. Assis côte à côte, deux chibanis observent l’animation à la sortie du métro. L’un des deux n’arrive pas à comprendre pourquoi la police n’intervient pas puisqu’ils sont tous sortis de leurs cachettes. L’autre lui demande, en faisant un signe de la tête dans ma direction, de la mettre en veilleuse parce que la rue a des oreilles. Des banderoles réclament la régularisation de tous les sans-papiers, les slogans fusent, les sonos saturent, les commerçants regardent cette vague humaine qui passe sans rien acheter.

Un peu plus loin, un militant du collectif Droits Devant expose son argumentaire à deux jeunes filles: « Le rapport 2006 Global development finance de la Banque mondiale stipule que l’argent envoyé en 2004 par les travailleurs migrants, dont les sans-papiers, vers les pays d’origine est estimé à 161 milliards de dollars. Ce chiffre représente plus du double de l’aide publique au développement accordés par les gouvernements ». Les deux filles acquiescent et rejoignent la foule en direction de la Place de la République. Un homme d’une quarantaine d’années, d’origine indienne, marche les mains dans les poches, avec sur sa veste un autocollant CGT. Il s’appelle Gundu. On décide de faire un bout de chemin ensemble et de parler en toute confiance de sa situation professionnelle dans le batiment : btp.mp3

Gundu remplit une mission qui ne peut-être délocalisée. Des centaines de milliers de personnes vivent dans ce cas de figure qui permet à bon nombre d’employeurs d’être exonérés de charges. Malgré les effets d’annonces politiques de plus en plus fréquents sur le sujet, il semble que les arrangements vont bon train sur le dos de cette catégorie de la population. Chantal, militante : « Au nom de la lutte contre l’immigration clandestine, on renforce les dispositifs répressifs non pas contre les employeurs mais contre les immigrés eux-mêmes. » Autre exemple de main d’œuvre bon marché au grand jour, celui des salariés de la chaîne de restaurant Buffalo Grill venus en nombre lors de cette manifestation. Jibril, ex-salarié de l’un des restaurants de la région parisienne : buffalo.mp3

Les femmes sans-papiers sont aussi présentes dans ce cortège. Si les patrons du BTP et de la restauration profitent le plus de la situation, les ménages ne sont pas en reste. Les femmes sans-papiers occupent une grande partie des emplois de nounous ou de femmes de ménage. Julie est venue avec plusieurs militantes du collectif Résistances : militante.mp3

Le cortège arrive place de la république. Les klaxons ne peuvent couvrir la fureur des slogans et des mégaphones : « Travailleurs sans droits ici, acteurs du développement là-bas ! ». Les plus courageux poursuivent vers la place du Palais Royal, les autres s’engouffrent dans le métro à leurs risques et périls…

Nordine Nabili

Nordine Nabili –

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