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«C’est fou ici! Dès que t’allumes la télé tu tombes sur un candidat ». Farid n’a pas l’habitude. Cela fait maintenant 4 ans qu’il habite dans le sud des Etats-Unis, à Miami. C’est un jeune entrepreneur, parti de France pour tenter de vivre le « Rêve américain ». Contrairement aux cadres travaillant dans les succursales d’entreprises françaises, il a lancé sa propre boîte pour s’intégrer complètement à la société américaine. Comme beaucoup d’expatriés français, cela lui permet de suivre la campagne avec un certain recul : «A Miami, les médias américains en parlent en coup de vent. Eux ils sont plutôt à fond dans leurs primaires ».

Pour se tenir informé, il a dû s’ajuster et adapter sa consommation médiatique. Ses journées commencent à l’aube: devant un verre de jus d’orange il allume son ordinateur et regarde en ligne le JT de France 2. C’est le moment où il s’imprègne des débats de la société française dont il pourrait se sentir éloigné. Pour l’information quotidienne, il utilise les podcasts en ligne des différentes radios hexagonales, dont RTL. « Quand je fais mon jogging, en voiture ou au bureau, je profite de ces moments pour ne pas être largué ». Le soir sur son écran plat il n’est pas rare de voir tourner en boucle TV5 Monde ou France 24.

Ce n’est pas pour autant que le regard de sa compagne est attiré par ces images. Déjà lorsqu’elle était en France, les précédentes campagnes politiques ne l’intéressaient guère. Leurs amis français ont un avis bien arrêté sur la question. Farid ne peut s’empêcher de remarquer qu’ils sont nombreux issus de milieux aisés. Donc, selon lui, leur choix sera vite fait. Le 22 avril prochain, ces expatriés d’Amérique voteront pour une « France forte ».

Farid se distingue par un choix politique atypique. Cet enfant du sud, issus d’une famille modeste d’origine étrangère, a décidé de ne pas aller voter. Il a bien étudié les programmes des candidats, et pourtant aucun ne lui plaît. « Surtout quand tu lances ton business à l’étranger tu te rends compte de toutes les conneries que peuvent raconter les politiciens français sur l’économie et la mondialisation ».

Ines Hamici

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