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Le peuple de gauche est prêt, paré à toute éventualité. Ce lundi , ils ont ressorti parapluies et anoraks griffés CGT. En ce mois de mai aux allures d’automne déprimant, ils ont bravé la pluie pour venir écouter souffler le vent du Sud. Alexis Tsipras, leader de la coalition de gauche radicale grecque Syriza, est venu discuter avec ses alter-ego français Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent du Front de Gauche.

Fort des 17,8% de voix obtenues aux dernières élections par son parti, ce jeune urbaniste de 38 ans a entamé une tournée européenne pour trouver une alternative à la cure d’austérité que subit le peuple grec. Son objectif est clair : « Nous voulons forcer les dirigeants européens à regarder la réalité en face, car la crise grecque concerne tout le monde. Nous voulons faire prendre conscience qu’on ne peut conduire aucun peuple en Europe à un suicide volontaire. » Pour lui, la Grèce n’est pas confrontée à « un simple programme d’austérité », mais à « une expérimentation de solutions néolibérales de choc, qui a conduit mon pays à une crise humanitaire sans précédent ». Et si « l’expérimentation continue, elle sera exportée dans les autres pays européens ».

L’enjeu pour les dirigeants du Front de Gauche français est de transposer ce succès électoral grec au niveau européen et d’abord français. Jean-Luc Mélenchon souligne la dynamique initiée par son propre score à la présidentielle et par la victoire de Siriza en Grèce. Pour lui, « la chaîne de la résignation est en train de se rompre en Europe ». Le co-président du Parti de gauche affiche la banane des grands jours aux côtés du leader grec : « en le regardant, nous nous regardons nous-mêmes ». Et même « si nous ne sommes pas identiques, estime-t-il, nous sommes comparables, notre ambition est commune ».

Ce fut aussi l’occasion pour le député européen de souligner la politique d’« ostracisation » du Parti Socialiste (PS). « Ce n’est pas convenable. Il vient ici chercher une écoute et la solidarité de la gauche, la camaraderie, l’internationalisme, devraient au minimum se mettre en branle, lâche-t-il. Mais il n’est même pas reçu à Solférino. Le fait qu’il n’y ait pas de curiosité à son égard montre combien le PS est le parti de l’alliance avec le PASOK, le parti du mémorandum (politiques d’austérités proposées par le FMI et l’UE, ndlr) !»

Dans la foule le message est passé. Les militants sont heureux de rencontrer cette homme qui représente la prolongation de leur lutte à l’internationale : « il est un peu à l’avant-garde de notre combat. Ce qu’ils font au peuple Grec, c’est ce qu’ils rêvent de faire à l’ensemble des travailleurs » estime ce jeune dont la pancarte indique :« FMI, Cercle de l’Industrie, PS, MEDEF, même combat, honte au PS ».

Rémi Hattinguais

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