photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don



Philippe Doucet et Faouzi Lamdaoui sont tous deux socialistes. Et tous deux briguent le mandat de maire. Problème : il ne peut en rester qu’un. Petit retour en arrière. D’un côté, Philippe Doucet. Il est Conseiller Général d’Argenteuil. Implanté dans la région, il s’estime candidat socialiste naturel à la mairie d’Argenteuil. De l’autre, Faouzi Lamdaoui (photo: en costume-cravatte, au centre avec François Hollande). Il est secrétaire national à l’égalité des chances. Déjà candidat aux législatives, il a été choisi par la direction nationale du parti socialiste pour se présenter face au maire sortant UMP. « Parachuté », disent ses adversaires, au nom du principe de diversité souhaité par le PS, qui consiste à présenter un plus grand nombre de candidats issus de l’immigration.

Mais dans une élection locale, il semble que les ordres venus d’en haut passent mal. A l’issue de la primaire, c’est Philippe Doucet que les votes des militants socialistes du val d’Oise désignent comme candidat. Fin de l’épisode, pourrait-on penser. Un candidat a été choisi. Mais Faouzi Lamdaoui, et le bureau national du PS, ne comptent pas s’arrêter là. Faouzi Lamdaoui avait boycotté le vote. Il en conteste le résultat (57 % des voix pour Philippe Doucet, 41% pour le strauss-kahnien Alain Leikine, 0,9 % pour Faouzi lamdaoui) et parle de « vote à la soviétique ». La direction du PS, elle, a demandé à la fédération du val d’Oise de « geler » le vote. En vain. Les socialistes du 95 considèrent le scrutin « parfaitement valide et incontestable». Faouzi Lamdaoui est resté injoignable toute la semaine. Il a cependant réagi à plusieurs reprises dans la presse. Pour lui, l’ensemble de l’affaire n’a pas lieu d’être. Il réfute les accusations de « parachutage » et réplique qu’il était déjà là, seul socialiste face à l’UMP, aux élections législatives de Juin dernier.

Philippe Doucet, depuis le début de l’affaire, a choisi de ne pas alimenter la polémique. En position de force après le vote des militants, il est tout à son intérêt de se concentrer sur sa campagne électorale. En interview, le seul et unique sujet qu’il consent à aborder, c’est l’avenir d’Argenteuil. Troisième ville d’Ile-de-France, la commune a pourtant bien mauvaise réputation : s’il est une chose que tout le monde connaît d’Argenteuil, c’est sa dalle et le mot de « racaille », lancé par Nicolas Sarkozy un jour d’Octobre 2005. Pourtant, Philippe Doucet l’assure, « Argenteuil n’est pas une cité-dortoir » : limitrophe de Paris, en front de Seine, la ville brasse diverses classes sociales et a un vrai dynamisme. « C’est une vraie ville, qui fonctionne un peu comme un gros village […] Une ville en pleine évolution ». Un potentiel que le candidat compte bien exploiter avec un programme tourné vers « la culture et l’urbanisme », notamment pour mieux tirer parti de la capitale toute proche. Son but : que ses concitoyens soient de nouveau « fiers d’être Argenteuillais ».

Philippe Doucet le dit et le répète, la polémique, et les affaires internes au Parti Socialiste, ne l’intéressent pas. Seul compte sa campagne « pour les Argenteuillais ». Reste à savoir contre combien d’adversaires, et issus de quels camps, il aura à la mener.

Eloïse Pion (Extramuros)

Eloïse Pion –

Articles liés

  • La fête de l’Huma, carrefour mélancolique des gauches en défense

    Tous les ans, la même question revient au moment de la fête de l’Humanité. On se demande qui y va encore. Des vieux communistes, des jeunes parisiens, des familles ? Y a-t-il encore des gens qui y vont pour autre chose que les concerts et l’alcool ? Et, finalement, trouve-t-on encore quelque chose de politique à la fête de l’Humanité ? Difficile de réfléchir comme ça, là-dessus : la question a été mal posée.

    Par Wassily Carpentier
    Le 17/09/2019
  • Les maires du 93 ne se plaignent pas, ils portent plainte !

    Samedi 8 septembre, sur le parvis de la préfecture de Bobigny, les maires de Stains, de Saint-Denis, de l’Ile-Saint-Denis, de Bondy et d’Aubervilliers ont officialisé leur désir de porter plainte contre l’Etat. L’objectif de ce recours en justice est simple : obtenir une reconnaissance des besoins essentiels du département par l’Etat et un dédommagement en conséquence.

    Par Audrey Pronesti
    Le 10/09/2019
  • A Clichy, le gouvernement lance les « Cités éducatives », héritage du plan Borloo

    Julien Denormandie a fait sa rentrée à Clichy-sous-Bois. Toute une semaine de permanence en Seine-Saint-Denis pour le ministre de la Ville et du Logement, durant laquelle il en a profité pour lancer officiellement les « Cités éducatives » en compagnie du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Reportage.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 07/09/2019