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Les Rroms sont, à l’origine, un peuple parti du Nord de l’Inde il y a 1000 ans ! Ils ont migré vers le Proche-Orient puis l’Europe. Certains se sont sédentarisés, en particulier en Europe de l’Est. D’autres sont devenus des nomades. Ces derniers sont connus en France sous les noms de Manouche, Gitans, Bohémiens, Tsiganes …

« Nous nous occupions des Tsiganes français jusqu’à ce que s’installent, à côté des terrains qui leurs sont officiellement alloués, d’autres Rroms vivant dans le plus grand dénuement », explique Alain Fourest de Rencontres Tsiganes. « Ceux-là viennent d’Europe de l’Est et des Balkans (fuyant le racisme, la guerre du Kosovo ou tout simplement la pauvreté), depuis une dizaine d’année », explique Marc Durand de la Ligue des droits de l’homme d’Aix-en-Provence.

« Au départ il s’agissait surtout de s’informer mutuellement sur l’origine, le nombre, et la raison de l’arrivée en France de ces Rroms », raconte Alain Fourest. Entre 1500 et 2000 dans le département, les Rroms migrants n’ont quasiment aucun moyen de travailler légalement. « Ils n’ont rien inventé, l’économie souterraine existait bien avant eux à Marseille », rappelle Alain Fourest. Sans travail, sans aides sociales, sans couverture médicale, ils sont sans cesse menacés d’expulsion de leurs squats, voire de France, bien qu’ils soient aujourd’hui citoyens européens.

Les Rroms venus de l’Est, ne sont pas des nomades, ils veulent parfois s’installer définitivement. « Mais les difficultés sont telles qu’un sur cent réussi ! Il leur faut une patience d’ange ! » s’exclame Alain Fourest. Leurs conditions de vie sont tellement dégradées que même si « aucun cas de tuberculose n’a été diagnostiqué à Marseille, l’apparition d’une épidémie est un risque réel », met en garde Sophie Beau, coordinatrice administrative pour le centre d’accueil de soins et d’orientations de Médecins sans frontières.

Face à une situation aussi dramatiques, les membres des associations ont mené leur action apportant soutient moral, médical, légal et matériel aux Rroms. « Nous sommes arrivés aux limites de notre action humanitaire, nous devons nous tourner vers une action plus politique », affirme Alain Fourest. Les municipales approchant, le moment semble idéal pour mettre le problème sur la table. Or, il n’en est rien. « Ce serait faire le lit du Front national. Un candidat qui veut virer les Rroms de Marseille gagnera plus de voix que s’il annonce vouloir les garder », assure, amère, Fathi Bouaroua de la Fondation Abbé Pierre.

Seule solution envisageable pour le groupe d’associations : poursuivre l’action humanitaire quitte à s’aventurer dans l’illégalité. « Nous pouvons établir dans les squats existants le minimum vital : installer un ou plusieurs mobil home et des sanitaires », explique Fathi Bouaroua. « Nous resterons sur une position illégale mais aisément défendable devant les tribunaux. Il s’agit d’assistance à personnes en danger. »

Julie Chaudier (Marseille Bondy Blog)

Julie Chaudier –

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