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Dans l’Indre on a été voté massivement, 60,6% (contre 57,23% au niveau national). Le département de l’Indre a une saveur toute particulière cette année pour les Berrichons, puisque la première circonscription met en jeu le ministère de Michel Sapin, l’actuel ministre du Travail, de l’Emploi et du dialogue social. Le premier Ministre Jean-Marc Ayrault l’a répété à plusieurs reprises, afin de garder leurs postes, les ministres doivent être élus aux législatives. En soi, une certaine preuve de la proximité des ministres avec les « vrais » gens.

Un coche que Michel Sapin n’a pas loupé hier soir. Enfin que son candidat, Jean-Paul Chanteguet, n’a pas manqué. Car après le redécoupage des circonscriptions du département de l’Indre,  les deux députés sortant se retrouvent devoir partager la même circonscription. Le ministre, plutôt que de céder sa place en cas de réélection, a préféré laisser la première marche au député-maire du Blanc et se positionner comme suppléant. Une manière de faire, qui n’a bien sûr pas laisser sans critiques la droite qui a dénoncée un flou dans ces candidatures. Allant jusqu’à critiquer les affiches électorales qui ne permettraient pas de savoir qui est le candidat.

Des ténors de la politique locale

Rappelons pour les Parisiens et autres lecteurs non Berrichons, que Jean-Paul Chanteguet jouit d’une certaine notoriété sur son territoire rural. Maire de la ville du Blanc depuis 1983, créateur et président du parc naturel régional de la Brenne, candidat pour un cinquième mandat à la députation… Il s’est rappelé dernièrement avec force à la mémoire de ses ministrables en soutenant activement le maintien de l’hôpital du Blanc. Un engagement qui n’a certainement pas laissé indifférent les habitants de ce territoire qui tiennent (certainement à juste raison) à leur service public de proximité. Autant dire, difficile pour d’autres candidats de s’imposer dans ce paysage traditionnellement de gauche ou sinon « chanteguetiste ».

De son côté, Michel Sapin ne possède pas une moindre popularité. Maire d’Argenton-sur-Creuse depuis 1995, ancien président du conseil régional de l’Indre, député élu en 2007, trois fois ministres (il cherche ce weekend à conserver son quatrième ministère)… Et notons, proche du Président de la République. François Hollande étant le témoin récent du mariage de Michel Sapin célébré au mois de décembre dernier dans sa commune.

Un Berry à gauche

L’enjeu est de taille, donc, pour ces deux personnalités locales du Berry. Un poste de député et un poste de ministre. Une région rurale, souvent oubliée voire méprisée par certains urbains mais qui permet tout de même d’assouvir des ambitions nationales. C’est ce qu’on appelle chez nous « deux coup d’un seul ». Un pari qui ne leur fait pas peur. Ils mènent de concert cette campagne électorale, « bras dessus-bras dessous » avec une certaine assurance. Même si la recréation des circonscriptions posait encore samedi quelques questions. Notamment le ralliement des habitants du nord du département à Jean-Paul Chanteguet peu connu dans cette zone là. Le premier tour a dissipé toutes les interrogations. Le candidat PS a réuni 46,95% des suffrages loin devant son adversaire UMP, François Jolivet (30,2%).

Dans l’ensemble, le Berry s’est positionné à gauche. Même s’il faut noter une forte poussée du FN. Sur cinq circonscriptions, quatre candidats de gauche sont sortis en tête de ce premier tour. Une avance confortable mais qu’il faudra bien sur confirmer dimanche prochain. A priori, peu d’alliance voire aucune ne permettrait à l’UMP de gagner un siège de plus.

Charlotte Cosset

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