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Il y avait du beau monde, samedi, à Villiers-le-Bel : l’ambassadeur américain, le préfet du Val-d’Oise, Olivier Poivre d’Arvor, directeur de Culturesfrance, agence française d’échanges culturels internationaux, le maire, bien sûr. Ils s’étaient réunis non pour célébrer la fin du mois de Ramadan mais pour inaugurer une fresque figurant Martin Luther King. Depuis quelques temps, la banlieue est devenue « a place to be » (un endroit où se montrer)…

On ne compte plus les VIP comme Yasmina Benguigui, Luc Besson ou Claude Bébéar qui s’investissent dans les cités pour faire du business… avec le cœur sur la main. Villiers-le-Bel, Sainte-Mer-Eglise de la souffrologie des quartiers, est à voir. Depuis les émeutes de novembre 2007, cette ville attire le gotha parisien, même l’Oncle Sam y vient. A moins que ce ne soit l’intérêt des Etats-Unis pour ce lieu qui ait décidé la rive-gauche à se bouger le popotin.

Habituellement, les Yankees envoient les Marines pour prêcher la bonne parole, mais Dieu merci, à Villiers-le-Bel, cette tâche a été dévolue à des artistes, tout comme à Bondy et Bagnolet, dans le 93. En effet, il y a plusieurs mois, trois Américains dépêchés à Villiers-le-Bel par l’ambassade américaine, ont été chargés de réaliser une fresque avec les élèves du collège Martin Luther King et certaines associations de la commune. C’est finalement une peinture représentant Martin Luther King lui-même qui a été peinte sur un mur du collège et inaugurée samedi.

Pour le proviseur adjoint de cet établissement, c’est une belle aventure qui se termine : « Les élèves se sont investis, ils étaient enthousiastes, ils ont travaillé durant les vacances scolaires afin de participer à la réalisation de cette fresque, se félicite-t-il. Bien que peu de jeunes des quartiers aient participé à ce projet, le bilan est plutôt positif, d’ailleurs aucun tag n’est venu abîmer cette peinture. » Des élèves approuvent la démarche : « Pour nous, c’est une fierté que ce soit Martin Luther King qui soit représenté, c’est un homme qui a combattu les injustices et le racisme », affirme Abou élève de troisième.

La nouvelle, comme souvent, n’est pas parvenue à toutes les oreilles des habitants, certains ne faisant pas toujours preuve d’une grande curiosité non plus : « Ah bon, une fresque à Villiers-le-Bel, je n’étais même pas au courant, personne n’est venu me voir pour participer à ce projet, pourtant je galère à la cité, j’aurais bien aimé participer », réagit Ali, 25 ans, résident de la Cerisaie. D’autres estiment que cette œuvre picturale ne sert à rien : « Ils devraient plutôt investir dans des centres éducatifs, développer le logement, mettre en place des structures de prévention, au lieu de mettre de l’argent dans une peinture qui n’apporte rien à la commune », affirme Gérard, fonctionnaire à La Poste.

Mais Martin Luther King, c’est l’espérance faite homme. Les membres du collège veulent croire que la fresque marque le début d’une collaboration positive avec les Américains : « Je ne pense pas que ce soit ponctuel, l’ambassade américaine s’investira dans d’autres projets, il y a là une démarche à long terme », affirme le principal adjoint. La réalité en action donne plutôt raison au fonctionnaire de l’éducation nationale : Oncle Sam est présent dans les cités françaises depuis plusieurs années : détection des futurs élites issue de la diversité, mise en place de programmes à destination des quartiers… Come on everybody : That’s the way, ha ha ha ha, I like it !

Chaker Nouri

Chaker Nouri –

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