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Yannis, 24 ans, animateur, raconte : « Personnellement, je ne vois pas de différence entre les candidats pour régler les soucis de mon quartier. Je  pense que je ne vais pas aller voter à cette élection ». Yannis est accompagné de son ami Manuel. Pour lui voter est utile mais il ne votera sans doute pas, car « aucun candidat ne me ressemble », dit-il. Pourtant, ces jeunes là sont très impliqués au niveau local.

Madi, jeune engagé au Parti socialiste, pense que le changement doit venir  de la base, c’est-à-dire des jeunes : « Il y a une force ici, je pense qu’il faut s’organiser, on peut changer les choses tous ensemble ». Cela commence par un engagement local puisque les élections locales touchent, selon lui,  plus directement la vie des habitants. Au niveau des abstentionnistes, Madi considère que tous les partis ont des responsabilités dans cet échec, mais dans les quartiers populaires, c’est surtout le Parti socialiste qu’il faut blâmer, toujours d’après lui.

Ces abstentionnistes ne sont pas réellement détachés de la vie politique, ils attendent seulement d’être convaincus, pour y croire et pour aller donner leur vote à un candidat. Mamadou, étudiant, pense que « Sarkozy et Hollande défendent le même système. En réalité quand on étudie leur vision pour la France, le clivage n’est pas si évident. Après, bien sûr, voter c’est super important. Mais moi je n’ai pas de candidat, donc j’ai deux choix : voter blanc ou ne pas voter ».

«On a la chance de pouvoir voter mais je n’ai pas confiance dans les dirigeants politiques qui se présentent. Pour moi, voter à cette présidentielle n’a pas vraiment d’intérêt », explique Moussa, qui à la possibilité d’aller aux urnes pour la première fois de sa vie.

« Le souci si je ne vais pas voter, c’est qu’on fait dire ce qu’on veut aux abstentionnistes. Leurs profils sont pourtant très différents. Personnellement, je suis quelqu’un qui s’intéresse beaucoup à la politique. »

L’abstention devrait encore une fois être élevée dans les quartiers.  Cependant, beaucoup d’abstentionnistes ne demandent qu’à y croire. Ils veulent être convaincus pour entrer pleinement dans l’effervescence d’une campagne présidentielle.

Amine Benmouhoub

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