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Dimanche 9 mars à Bondy, il y a eu près de 50 % d’abstention, mais cela n’a pas empêché le maire Gilbert Roger d’être réélu. Cette désertion relative des électeurs l’a peut-être même aidé un peu. Les abstentionnistes de la semaine dernière : pourquoi, comment ? Un bon sujet, ça. Allons voir ce qu’il en est en ce dimanche de second tour. Les jeux étant faits chez les Bondynois, les langues vont se délier plus facilement, me dis-je.

Je vais de ce pas à la gare de Bondy. La première personne que je rencontre est une dame. Pas de chance si j’ose dire, elle a voté et ne comprend pas « ceux qui ne l’ont pas fait ». Pourquoi ? « Tout va mal, ne serait-ce qu’entre les partis eux-mêmes, regarder l’UMP et le PS, ça décourage les gens. »

La deuxième personne est une demoiselle, Aïta. Elle connaît le Bondy Blog et, elle passe le bonjour à Idir. Cela fait plaisir d’être connu, n’est-ce pas, Idir ? Abstentionniste, Mademoiselle ? Du tout. Aïta est allée voter. Pas cool pour mon article. Son point de vue : « Les médias ont dit que c’était à cause du temps, de la pluie, qu’il y avait eu une forte abstention. » Elle sourit. Je sens chez elle une pointe d’ironie. Elle pense qu’il doit y avoir un mal-être à l’origine de tant d’abstention. L’appel au vote n’a pas été suffisamment fort, contrairement à ce qu’il avait été lors de précédents scrutins, estime-t-elle. Et puis, les municipales, c’est moins attrayant que les présidentielles. Aïta : « Ils n’ont pas confiance dans le pouvoir local, ils ne se rendent pas compte que toutes les décisions qui y sont prises nous concernent. »

Ça y est, un abstentionniste, j’en ai trouvé un ! Mais lui n’a pas voté à cause d’un problème familial, il était en Normandie. Cas de force majeure, donc, Monsieur n’est pas vraiment un abstentionniste. Voici Youssef. Il n’a pas voté car il n’a pas la nationalité française. De toute façon, dit-il, il ne sait pas s’il l’aurait fait. Il se définit comme « apolitique » et se place dans une situation d’ « observateur ». Son point de vue ? « Les gens ont l’impression qu’ont se fout de leur gueule. Ils ont perdu leurs illusions. » Pour Leslie, jeune demoiselle, « les gens savaient avant le premier tour que le scrutin était plié à Bondy. Ils se sont dit, cela ne sert à rien d’aller voter. » Pourtant, chaque voix compte…

Un dernier passant, un homme : « Ah bah oui ! J’ai été voter. Je ne sais pas pourquoi il y a eu autant d’abstention mais je sais que pour être un bon citoyen, il faut voter ! » C’est un beau mot de la fin, merci Monsieur.

Thomas Romain

Thomas Romain –

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