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Après avoir passé quelques heures dans les quartiers populaires de la ville, notamment à Belsunce, Ségolène Royal se rend à la Maison Arménienne de la Jeunesse. D’entrée, elle présente la cité phocéenne comme « ville d’intégration, ville de métissage, ville de fraternité, ville de dialogue entre les civilisations ». Représentante de François Hollande, elle aborde des thématiques-clés de la campagne présidentielle tout en dessinant un portrait très critique du « sarkozysme ».  Pour l’ex-candidate de 2007, «la  longue nuit du Fouquet’s » est désormais terminée.

Les principaux acteurs PS de la politique marseillaise entourent l’ex-candidate à la présidentielle. Patrick Menucci, Sylvie Andrieux, Christophe Masse et Eugène Caselli défilent à la tribune, tous unis derrière le candidat socialiste. Les clivages sont laissés de côté ainsi que les polémiques de clip de campagne… « C’est l’année de la victoire de François Hollande ! »

« L’école un défi majeur » Un discours rassembleur pour « faire mouvement », c’est ce qui ressort de la bouche la présidente du Poitou-Charente. Cette dernière rappelle que les quartiers nords en 2007 ont voté à 93% pour elle. Un appel à se rendre aux urnes en masse, mais aussi l’occasion d’aborder la question des jeunes et de l’éducation. « On ne leur demande pas d’où ils viennent, on leur demande où ils veulent aller ensemble ». La question de la jeunesse concerne surtout « l’éducation, toujours l’éducation, encore l’éducation » martèle-t-elle. Pour elle, il faut revoir l’école, pour la rendre plus égalitaire en aidant les enfants qui en ont le plus besoin et en réussissant à favoriser « tous les talents dans leur diversité ».

En réponse aux suppressions de postes dans l’enseignement, Ségolène Royal répond « bien sûr que l’éducation ça coute cher, mais essayez donc l’ignorance et vous verrez le coût de l’ignorance ». Un discours très applaudi. Mais loin de vouloir faire de l’assistanat, elle insiste sur la nécessité de l’investissement des jeunes. A l’image des hussards de la République, elle souligne l’importance de l’assiduité et du respect : « on n’a rien sans efforts ». L’occasion aussi de dénoncer la réforme des Allocations familiales réalisée par le gouvernement prévoyant, de retirer les allocations aux familles d’élèves absentéistes.

« Le talent de la France métissé » L’ambassadrice de François Hollande à Marseille s’attarde beaucoup sur le besoin de diversité culturelle pour la richesse française. « La France a besoin de la jeunesse des quartiers pour avancer. » C’est pourquoi il faut « que cesse toute discrimination et que la République considère à égalité tous ses enfants, d’où qu’ils viennent ceux d’ici et ceux venus d’ailleurs ».

Au moment où Ségolène Royal appelle au rassemblement et à la tolérance, petit incident dans la foule. Des jeunes femmes voilées et des représentantes du collectif de libération de Georges Ibrahim Abdallah (ressortissant libanais détenu depuis 1987) brandissent des affiches. Autour d’elles, deux quinquagénaires s’échauffent. « Rentrez chez vous ! » « Tu as vu comment elles m’agressent ? » Marseille semble malgré tout avoir encore des difficultés à accepter cette diversité… Ce petit désagrément ne fait pas perdre son sourire à l’oratrice. Elle termine calmement son discours et conclut avec le slogan maintenant célèbre, « le changement c’est maintenant ».

Charlotte Cosset

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