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Jeudi 25 septembre 2014, la salle Pierre de Coubertin à Lambersart (Nord) était pleine à craquer. Près de 3500 personnes se sont rendues à la réunion publique de Nicolas Sarkozy, pour son « retour » sur la scène politique. 

« J’ai si hâte ! » glisse Georgette, une retraitée aux yeux brillants. « Il nous manquait vraiment » s’empresse d’ajouter Fabien un jeune actif. De nombreux partisans sont venus exprimer leur soutien à Nicolas Sarkozy hier soir à Lambersart. La ville de l’UMP centriste Marc-Philippe Daubresse est une belle banlieue de Lille, une région où le FN réalise des scores importants…. Et symbolise un « retour au peuple » pour l’ancien président. Ce peuple, du moins celui qui s’agite de partout dans la salle, est on ne peut plus enthousiaste à l’idée de revoir Nicolas Sarkozy au pouvoir, à la télé, dans les journaux… « Son visage, ses mimiques, j’aime tout », « il a de l’énergie ce mec, il fera avancer la France ».

photo-14Les avis sont presque unanimes. À ce hic près : est-ce que leur Nicolas pourra effacer le passé, certain de ses agissements et leur revenir plus sereinement, plus à l’écoute, plus vrai…? « J’ai voté pour lui en 2007, mais j’ai été déçu. Je suis auto-entrepreneur et j’ai eu la sensation d’avoir été laissé sur le carreau… J’aime son ambition, je suis pour les idées qu’il défend, cette façon de pousser le peuple français de l’avant, mais est-ce qu’il appliquera ses promesses à tous et non pas à deux ou trois de ses amis ? » Julien est à la fois heureux et hésitant. Pour certains, c’est l’homme qui séduit et non pas les idées politiques.

Pour d’autres c’est l’exact inverse. Quoi qu’il en soit, ils voteront pour lui. Mais le point commun demeure cette crainte… Nicolas Sarkozy peut-il faire tomber le masque ? Exit les sorties toutes préparées, le peuple le veut mais le veut sincère. Car l’entretien-fleuve donné sur France 2, un « tapis rouge » doublé d’un « piège pour Laurent Delahousse » n’a pas convaincu. Selon deux sondages, 54 à 55% des Français n’ont pas marché. Motifs : « toujours les mêmes excuses, la mauvaise foi, l’esquive totale de son dernier mandat ». Et la liste des interrogations est longue : pourquoi le traité de Lisbonne a été « imposé de force sans consultation populaire » ? Que dire de « la dette colossale laissée après son départ » ? Quid de la « suppression de la demi-part pour les veuves, veufs, aboutissant a une forte augmentation des impôts » ?

photo-11« Et puis cette guerre en Libye… ? » Retours plateau. Dans les rangs des disciples, on peut aussi constater une hésitation entre « un ancien avec de l’expérience, et donc à même de rectifier ses erreurs » et « place à la jeunesse… À la fraîcheur ». Mais à peine le discours de Nicolas Sarkozy – rassembleur envers la « famille », acerbe envers la politique actuelle, évitant les écueils du FN et, surprise, évoquant un retour aux primaires – prononcé, ces mêmes personnes interrogées étaient comme transportées… Était-ce un meeting politique ou le concert d’une star planétaire ? Les Sarkozystes sont en transe, à l’image de Danièle, une avocate « totalement convaincue ».

Elle avoue aussi que la justice se portait mieux sous « l’ère Sarko ». Vraiment déçue par sa condition actuelle elle n’hésite même pas à balancer : « avec Sarkozy on travaillait efficacement au sein de la justice, alors que maintenant on fait trainer des dossiers… Tout ça pour gagner plus d’argent. Et je vous dis ça, je votais gauche avant ! Mais j’ai vu trop de magouilles… ». Rêveuse, postée toute seule en haut d’une tribune, lançant un regard vers la rangée de chaises qui s’est vidée en bas, elle conclue : « il y avait tellement d’avocats, là, dans les premiers rangs… Si vous saviez… Non, non, il nous faut Sarko ». Pour celles et ceux qui pensent comme elle, sachez que vous aurez entre autres au menu : un peu de gaz de schiste, qui a permis aux USA « de devenir indépendants », plus de racisme ni d’homophobie, de la tolérance, du respect, une réduction du nombre de fonctionnaires, un bouleversement de ce « statut à vie », une refonte de Schengen avec une harmonisation des politiques d’immigration, une régulation du service médical envers les patients étrangers, une révision dans la pratique du référendum… Et bien sûr, de l’espoir. Beaucoup d’espoir. Alors : un phoenix qui renaît de ses cendres et promet un avenir radieux à la France ? Ou un autre quinquennat d’illusions ? Premiers éléments de réponse en 2015.

Pegah Hosseini

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