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Faute d’avoir participé à l’université d’été de l’UMP, à Marseille, les 2 et 3 septembre (L’université dété du Bondy Blog ), je me suis rattrapée en consultant les discours officiels prononcés au cours de ce week-end rassembleur. Dans son discours de clôture le ministre de l’Intérieur et président du parti, Nicolas Sarkozy, « propose une République plus respectueuse de la différence ». Selon lui, « une culture qui depuis des siècles oppose l’universalité de ses principes au déterminisme des généalogies et des racines, ne devrait avoir aucun mal à s’accommoder d’identités multiples », évoquant l’idée de « communauté de destin ».

Et pourtant, au mois d’août, lors de son passage sur le plateau du journal télévisé de France 2, l’approche du  même ministre de l’Intérieur était nettement plus biaisée en faisant un rapprochement inattendu et quelque peu saisissant : Vous avez vu ce qui s’était passé dans les banlieues, on voit les difficultés du système d’intégration français, c’est le résultat de quoi ? D’une politique d’immigration qui n’a pas été maîtrisée.

Puis, M. Sarkozy se fait donc le chantre d’une politique d’immigration maîtrisée.

M. Sarkozy semble donc réduire les difficultés du système d’intégration français à la question  de l’accès en France des étrangers. Sans prendre en compte les autres causes de ces difficultés.

Surtout, M. Sarkozy banalise le lien entre le problème actuel des sans-papiers et la crise des banlieues, puisqu’il évoque ces sujets les uns après lmes autres sans transition, et c’est ce qui interpelle. Faut-il rappeler que les jeunes à l’origine des troubles de l’automne 2005 ne sont  pas des étrangers, puisqu’ils sont nés en France ou alors ils ont été naturalisés à l’âge de confondre leur apprentissage du langage avec celui du français. Faut-il rappeler encore que l’immigration massive des années 1960 avait été souhaitée par les gouvernements français puis accentuée grâce à la politique du regroupement familial de 1974, à une époque où le pays manquait de main-d’œuvre. Le rapprochement de la question actuelle des clandestins est donc plus que contestable.

Un peu avant ces propos, le ministre fait référence à la « régularisation massive » décidée par le gouvernement Jospin en 1997. Reste à savoir si les bambins qui ont bénéficié de cette régularisation sont les pyromanes de novembre dernier : c’est à démontrer.

Tandis que le ministre de l’Intérieur établit ce constat, de nombreux participants de la crise des banlieues en ont dénoncé un autre : à savoir ses fameuses expressions employées à l’été 2005 dans un contexte peu favorable – ces mots magiques – de « racaille » et de « karcher ». Comme deux étincelles qui ont enflammé les esprits.

En vrai pro de la communication, notre potentiel candidat UMP à l’investiture présidentielle sait trouver les mots pour faire réagir, et agir au quart de tour. C’est ce qui le rend efficace malgré tout, et notamment des résultats discutables.

Par Nadia Boudaoud

Nadia Boudaoud –

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