photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

MUNICIPALES 2014. Après Livry-Gargan, Manuel Valls a fait un crochet par la ville d’Aulnay-sous-Bois, lundi 6 janvier. Une visite vécue dans la quasi-indifférence générale par les habitants.

Communication très discrète, la venue de Manuel Valls a été apprise la veille ou le jour même. En pleine campagne électorale, un documentaire diffusé la veille dans Enquête Exclusive sur M6 traitant du  trafic de stupéfiants en Seine-Saint-Denis (le quartier du Gros Saule à Aulnay en faisait partie), le déplacement du ministre ne semble pas anodin.

Aux alentours de 16 heures, Manuel Valls arrive au commissariat d’Aulnay. Il est accueilli par Gérard Ségura, maire socialiste d’Aulnay, Stéphane Troussel, président du Conseil général du département, Daniel Goldberg, député PS de la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis), Alain Amedro, vice-président de la région Ile-de-France EELV et Abdelhak Kachouri, conseiller régional PS. Mais l’entrée n’est pas autorisée à la presse…

Un quart d’heure plus tard, le cortège s’en va, direction le quartier du Gros Saule. Une visite éclair, une dizaine de minutes à peine. Une foule se constitue autour de lui, journalistes, agent de sécurité, habitants. Ça se bouscule, la pluie commence à tomber doucement. « Vous ne venez que pendant les élections ! » l’interpelle une femme. « Non, j’étais là avant » lui répond le ministre. « Oui mais le problème de la drogue ne date pas de maintenant » insiste-t-elle.

Des gens regardent sans vraiment prêter attention. Interrogés sur la présence du ministre, les réponses diffèrent, « je n’ai pas trop d’avis là-dessus » ou encore « on en a rien à faire ! » Quelques mètres plus loin, Manuel Valls poursuit sa visite en entrant dans une boulangerie saluer les commerçants, de même dans la pharmacie d’à côté.

« Valls à Aulnay-sous-Bois au secours de Ségura »

A proximité, deux jeunes, sceptiques à propos de ce déplacement ministériel. « Il va rien changer, il vient, il passe et puis c’est tout. Et faut dire au maire d’Aulnay qu’il ne faut pas qu’il attende que Valls vienne nous voir pour que lui vienne ici ! », explique l’un d’eux. Son ami expose un autre argument : « les jeunes ici ont besoin d’emploi, pas de la visite du ministre de l’Intérieur ».

Après cette visite rapide, la délégation se rend à l’hôtel de ville. L’entrée est minutieusement filtrée. C’est au premier étage qu’une foule viendra écouter le discours du ministre, dans lequel il évoque et soutient  la construction du futur commissariat à Aulnay. « Soyez donc assurés de ma volonté de consolider des résultats sur cette ville, de vous accompagner dans le projet de reconstruction du commissariat, de répondre à vos attentes dans la lutte implacable contre le trafic de drogue ».

A l’UMP, Bruno Beschizza, candidat aux élections municipales, s’interroge sur le déplacement du ministre. Il l’exprime dans un communiqué titré « Valls à Aulnay-sous-Bois au secours de Ségura » : « Après une visite éclair au commissariat, le ministre ne s’est rendu qu’à l’entrée du quartier du Gros Saule. Pourquoi éviter le 26-28 rue Schweitzer où les dealers contrôlent le quartier, pratiquent leur « commerce » en toute impunité et pourrissent la vie des habitants ? Par contre, le ministre de l’Intérieur s’est longuement attardé en mairie d’Aulnay-sous-Bois afin d’entamer une ode au maire sortant, le félicitant au passage pour sa légion d’honneur qu’il lui a lui même octroyé ».

Imane Youssfi

Articles liés

  • La fête de l’Huma, carrefour mélancolique des gauches en défense

    Tous les ans, la même question revient au moment de la fête de l’Humanité. On se demande qui y va encore. Des vieux communistes, des jeunes parisiens, des familles ? Y a-t-il encore des gens qui y vont pour autre chose que les concerts et l’alcool ? Et, finalement, trouve-t-on encore quelque chose de politique à la fête de l’Humanité ? Difficile de réfléchir comme ça, là-dessus : la question a été mal posée.

    Par Wassily Carpentier
    Le 17/09/2019
  • Les maires du 93 ne se plaignent pas, ils portent plainte !

    Samedi 8 septembre, sur le parvis de la préfecture de Bobigny, les maires de Stains, de Saint-Denis, de l’Ile-Saint-Denis, de Bondy et d’Aubervilliers ont officialisé leur désir de porter plainte contre l’Etat. L’objectif de ce recours en justice est simple : obtenir une reconnaissance des besoins essentiels du département par l’Etat et un dédommagement en conséquence.

    Par Audrey Pronesti
    Le 10/09/2019
  • A Clichy, le gouvernement lance les « Cités éducatives », héritage du plan Borloo

    Julien Denormandie a fait sa rentrée à Clichy-sous-Bois. Toute une semaine de permanence en Seine-Saint-Denis pour le ministre de la Ville et du Logement, durant laquelle il en a profité pour lancer officiellement les « Cités éducatives » en compagnie du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Reportage.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 07/09/2019