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Dimanche dernier, le président de la République s’est rendu tel un roi dans son ancienne baronnie des Hauts-de-Seine pour y adouber son actuel porte-parole à l’Elysée. David Martinon, c’est de lui qu’il s’agit, s’attendait à un accueil chaleureux. Des militants UMP de la ville en ont décidé autrement. La désignation, de droit élyséen, du collaborateur de Nicolas Sarkozy comme tête de liste UMP aux élections municipales de mars 2008, pour succéder au maire Louis-Charles Bary, UMP également, irrite plus d’un Neuilléen. N’est-ce pas Arnaud Teullé, premier adjoint, qui devait être investi ? Ce mercredi matin, sur le marché de Neuilly, cette affaire sent le souffre.

La première personne que j’aborde, Michelle, 60 ans, approuve le choix du chef de l’Etat. « Il aime sa ville, son soutien à David Martinon est un bon signe », dit-elle. A l’en croire, le protégé de Nicolas Sarkozy, est « l’homme de la situation ». Grégory, Neuilléen de 29 ans, n’est pas du tout d’accord. « L’investiture de David Martinon est le reflet d’une politique clinquante, un produit estampillé Sarko », vocifère-t-il. Martinon qui, pour son mariage, finalement reporté, avait choisi d’illustres témoins: Nicolas et Cécilia. En sacrifiant Teullé pour son porte-parole, le président de la République renierait ses amis de Neuilly. Une ville qu’il avait conquise en 1983, à l’âge de 28 ans, écrasant au passage Charles Pasqua, soufflé par le culot de ce jeune lion. Les habitants – une majorité d’entre eux ? – de la localité la plus riche de France ne veulent pas aujourd’hui qu’on leur impose un candidat. Fût-il le candidat de Nicolas Sarkozy.

Olivier, militant UMP de 48 ans, estime que « la fonction de porte-parole de l’Elysée est incompatible avec l’exercice d’un mandat local. La ville à besoin d’un maire à temps plein, qui connaisse les habitudes des Neuilléens ». A ce titre, ajoute Olivier, « Arnaud Teullé, dont la famille est installée à Neuilly depuis plusieurs générations, est sans aucun doute le candidat idéal ». Les partisans de Teullé voient dans le parachutage de Martinon un cadeau du président à son collaborateur en échange de loyaux services. Olivier réclame la tenue de primaires à Neuilly pour départager les prétendants à la conduite de la liste UMP. Danielle, rencontrée elle aussi sur le marché, est plus radicale encore: « Nicolas Sarkozy ne doit pas désigner le successeur de son successeur. Ça ne le concerne pas ! Il est président de la République, il n’a plus à s’occuper de Neuilly ! »

Jean-Christian Ndoumbe-Same

Jean-Christian Ndoumbe-Same –

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