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Yazid Sabeg est en tournée à Bondy. Après un passage au collège « Jean Zay » et à l’école primaire « Olympe de Gouge », le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy en décembre, s’est arrêté ce mardi au lycée « Jean Renoir » pour une table ronde avec les lycéens. Le thème abordé était la convention Sciences-Po Paris que le lycée a signée en 2002. Depuis, 170 élèves ont participé à l’atelier de préparation, 137 ont tenté le concours d’entrée et 15 ont été admis. La table ronde regroupe Yazid Sabeg, le proviseur, des professeurs, des élèves de terminale ainsi que d’anciens élèves du lycée aujourd’hui étudiants à Sciences-Po. La plus ancienne est en 5e années à l’Institut d’études politiques (IEP).

L’ambiance est très conviviale, on note un léger retard du commissaire. Le discours du proviseur commence par une description de l’établissement et des projets en cours, et par l’affirmation de la volonté des élèves de « réussir ». Yazid Sabeg semble avoir à cœur les filières technologiques, celles qui donnent un bagage sur le marché du travail. Il affirme qu’il faudrait former les élèves aux métiers d’ingénieur et à la mentalité qui va avec, le commissaire, qui s’y connaît dans l’ingénierie informatique, estimant qu’on acquiert là un esprit autonome.

Yazid Sabeg dit être frappé par le dévouement des professeurs dans les lycées de banlieue, en particulier ceux des Seine-Saint-Denis, qu’il trouve emblématiques. Il insiste : « Il faudrait multiplier le nombre d’étudiants en filières sélectives et favoriser les filières technologiques. » Le commissaire souhaite par ailleurs élargir l’expérience des partenariats Sciences-Po à des écoles de commerces.

Le commissaire parti, je demande aux élèves ce qu’ils ont pensé sa venue : « Il n’a pas assez parlé de l’égalité des chances. C’était une visite éclair et je voyais plus son côté entrepreneur que son côté homme politique », regrette l’un. « Trop court ! Il n’a pas abordé le concret, déplore un autre. J’aurais préféré qu’il parle de l’égalité des chances, de la diversité au sein des lycées de banlieues. J’espère qu’il reviendra ! Pour que je lui pose des questions concrètes ! »

Des élèves avaient préparé une liste d’une vingtaine de questions à poser à Yazid Sabeg, mais par manque de temps, elles restèrent dans les classeurs. Cela les fâcha un peu. Ils s’attendaient à une table ronde de deux heures au moins. Elle ne dura pas plus de 40 minutes.

Deux interventions me frappèrent. Celle, d’abord, d’une jeune professeure remplaçante depuis deux ans : « Les jeunes professeurs ont peur de la Seine-Saint-Denis, mais une fois prof dans ce département, on se rend compte que cette peur était grandement infondée. » Celle d’un jeune terminal CFE technologique, ensuite. Malgré un bégaiement, il a réussi, en présence d’une caméra, à s’exprimer, à décrire son dossier de presse qui le fera peut-être entrer à Sciences-Po Paris. Son sujet : la crise du gaz en Russie. Même s’il a mis du temps à expliquer son thème, toute l’attention était portée vers lui, le silence régnait. Il a du courage. Bravo !

Ce vendredi 13, les élèves rendent leurs dossiers de candidature à la prépa de Sciences-Po. Espérons que ce jour de malheur (pour les superstitieux) leur portera chance!

Inès El laboudy

Inès El laboudy –

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