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Les Assises du journalisme, c’est Woodstock sans la boue, la musique et les hippies. Des journalistes s’ébrouent dans tous les recoins. On les reconnait avec leurs smartphones au bout des doigts parce qu’ils tweetent à tout va. Malgré le côté festival de rock géant, c’est «  the place to be » pour les reporters de toutes les rédactions de France. Cette  année, tout le monde est sérieux et on planche sur un sujet grave : le moral des journalistes. Un poil nombriliste comme sujet, du coup la salle n’est pas remplie. Peu importe, Jérôme Sainte-Marie, président de l’Institut CSA, présente en exclusivité pour ces journées, les résultats d’une étude menée sur 5930 journalistes. On commence par un chiffre positif, histoire que les jeunes idéalistes ne se tirent pas une balle tout de suite : 85% des sondés font part de leur bonheur à exercer cette noble profession.  90% des sondés qui gagnent 3000 euros mensuels et plus se déclarent être très heureux. On ne voudrait pas sortir la boite à clichés mais il semblerait  bien que l’argent fasse le bonheur.

Mais comme l’homme est un éternel insatisfait, plus de la moitié des héritiers d’Albert Londres se plaint de ses conditions de travail. Une hausse vertigineuse de 23 points entre les chiffres de 2007 et ceux de 2011.

Sitôt tous les chiffres de l’étude déclinés, il faut faire preuve de beaucoup d’auto-persuasion pour se convaincre que oui on n’a toujours envie d’embrasser cette belle profession.

Le tour de table permet d’aborder d’autres sujets de préoccupation et de continuer de rêver : la précarité (qu’il est toujours difficile d’évaluer précisément), l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, la nécessité de lutter contre les stages de six mois destinés à remplacer un poste qui pourrait être occupé par un journaliste à temps complet, payé bien plus que les 417 euros mensuels gentiment prévus par la loi. La pause pendant cette table ronde fut salutaire. Elle me permit de m’enfuir, je ne suis pas encore prête à perdre mes illusions.

Faiza Zerouala

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