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Tout commence par un mail que m’envoie un certain Olivier Souza, dans lequel il me demande s’il est possible de venir couvrir une affaire que « même la garde des sceaux n’a pu résoudre ». Bien qu’une instruction pénale ne puisse pas durer en principe plus de trois ans, celle de l’affaire Abou Omar Fathi entre dans sa 7e année. Fathi a perdu son fils, alors âgé de 3 ans, dans un incendie, le 20 février 2001, et Olivier, un ami, l’aide depuis ce jour pour que justice soit faite.

Je rencontre donc Fathi et Olivier dans un café près de Sevran (93) afin qu’ils me racontent toute l’histoire. Fathi ne maîtrisant pas totalement le français, c’est Olivier qui me fait un récit de plus de deux heures. Fathi, assis à coté, retrouve dans sa tonne de paperasse des documents attestant les dires d’Olivier.

Tout vous raconter serait impossible, le dossier est trop volumineux. Voici, grosso modo, ce qui s’est passé. Le fils de Fathi est décédé dans un incendie. Dans les décombres, pas de mégot de cigarette, pas de briquet, pas d’allumettes, ni de produit inflammable, la caméra thermique n’a trouvé aucun foyer. Par contre, un fusible a fondu et quatre prises de courant dans une même pièce son retrouvées brûlées sur le même circuit. Le rapport de police et des pompiers est formel, l’incendie est dû à une faille électrique alors qu’aucun appareils n’était branché.

On constate également que l’installation électrique était aux normes lors de la construction mais ne l’était plus lors du drame. D’ailleurs, deux autres incendies similaires se sont déclarés dans le même immeuble quelques temps après. Le bailleur serait apparemment remis en cause. La porte de l’appartement de Fathi est donc scellée.

Au vu des éléments de l’enquête pénale, le procureur ordonne « une expertise technique concernant l’état électrique de l’appartement litigieux ». Lors de cette deuxième expertise, le 20 juin 2001, en présence de Fathi, les constats sont les mêmes que lors de la première. Cinq mois plus tard, le rapport de l’expert n’est toujours pas rendu. Du coup, Fathi va rechercher le juge en charge de l’affaire et découvre qu’il a été muté ailleurs, que c’est un autre juge qui s’occupe à présent du dossier. Le rapport de l’expert sort finalement 18 janvier 2002. Étrangement, la date de l’expertise est erronée d’un mois, et le rapport surprend Fathi et Olivier : l’incendie ne serait pas dû à une défaillance électrique, mais en même temps le rapport ne dit rien des causes du sinistre. Un non lieu est alors prononcé.

Entre-temps, Fathi et Olivier se rendent compte que les scellés sur la porte ont été brisés, la serrure changée et apprennent que c’est le juge qui a remis les clés au bailleur. Un juge de la cours d’appel ordonne une contre-expertise. Qui en est chargé ? Le juge qui a conclu à l’absence de défaillance électrique et non un autre ! Un expert retourne donc sur les lieux pour une troisième expertise alors que les scellés n’y sont plus. Ce troisième rapport exclut aussi la défaillance de l’installation électrique, mais il décrit toutefois une installation différente de celle d’origine. Le juge d’instruction s’oriente vers un deuxième non lieu.

Fathi, complètement abattu, ne baisse pas les bras, il fera à la suite de ces jugements une grève de la faim de 64 jours devant l’Assemblé nationale, soutenu par son ami Olivier. Ils médiatisent l’affaire, passent chez Fogiel, ont des articles dans Libération, Le Parisien, Le Point, ils interpellent le maire et le député de Sevran, qui connaissent l’histoire mais refusent de communiquer sur le sujet. Les ministres successifs de la justice, Dominique Perben, puis Rachida Dati, sont également informés de l’affaire. Mais rien. C’est pour cela que Fathi et Olivier en appellent aujourd’hui au président de la République face à une justice qui serait sourde et un bailleur qui serait bien entouré.


abou omar une histoire de ouf
envoyé par Bondy_Blog

Chou Sin

Chou Sin –

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