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De quoi le réalisateur Djamel Kelfaoui est-il mort vendredi dernier à Laghouat, à 430 km au sud d’Alger ? Un nouveau témoignage recueilli par le quotidien algérien El Watan (édition du 25 mai), celui de Soraya Kelfaoui, sœur du défunt, infirmière à La Salpêtrière à Paris, accrédite la thèse selon laquelle le décès serait survenu suite à un coup porté à son frère par un militaire.

« C’était mercredi après-midi, dans une ruelle de Laghouat, mon frère, en compagnie de son cousin Touzri Mohamed, a eu un échange verbal avec une personne qui s’est avérée être un militaire, raconte Soraya Kelfaoui. Ce dernier l’a malmené en lui portant un coup violent au thorax, mon frère a sorti son téléphone portable pour prendre le numéro d’immatriculation de son véhicule. Devant cet état de fait, mon frère s’est présenté à la brigade de gendarmerie pour porter plainte. Mais il a été pris de malaise, avec un pic de tension de 28, il fera une hémorragie cérébrale. Il a été transféré aussitôt à l’hôpital de Laghouat à 14 heures par mon cousin où il entrera dans un coma profond et le vendredi (22 mai), il décédera vers 16h45. Ce que je peux vous dire, c’est que mon frère Djamel, par principe, voulait tout simplement avoir des excuses ou porter plainte. Il était non-violent. Mon frère n’est pas cardiaque, il n’a aucun antécédent de santé par opposition à ce qui a été mentionné dans le rapport médical de l’hôpital de Laghouat. »

Djamel Kelfaoui, Bondynois originaire de Blida, se trouvait à Laghouat pour y tourner la seconde partie d’un documentaire consacré au chanteur de raï Cheb Hasni, abattu en 1994 à Oran, dans des circonstances que personne n’a jamais vraiment cherché à élucider. Mais depuis, l’Algérie est sortie des « années noires » de la guerre civile, et la famille de Djamel, qui a saisi le parquet sur place, attend des réponses claires à ses questions. Une cousine du défunt déclarait ce week-end au Bondy Blog que Djamel Kelfaoui était mort d’une hémorragie cérébrale, sans toutefois mettre en cause un militaire.

Dans l’article d’El Watan, Khalida Toumi, ministre de la Culture, rend hommage à celui n’avait de cesse de bâtir des ponts fraternels entre la France et l’Algérie : « C’est avec une grande affliction que nous avons appris la disparition de Djamel Kelfaoui, réalisateur et journaliste reconnu pour ses films tels que « Cheb Hasni, je vis encore » et « Algérie : mémoire du raï » et aussi ses émissions « Algérie maintenant » et « C’est normal diffusées » sur différentes chaînes de télévision. » Dans un commentaire publié sur le site d’El Watan au-dessous de l’article relatant le témoignage de Soraya Kelfaoui, un internaute est explicite sur l’identité du militaire, un « lieutenant-colonel », qui aurait frappé le réalisateur.

Antoine Menusier

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