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Les Ambassadeurs, une association de jeunes de Pantin (93) s’est rendue au Cambodge et au Rwanda afin d’y rencontrer la jeunesse. Ils présentaient leur projet dimanche dernier à l’occasion d’un événement consacré à la reconstruction rwandaise organisé par l’association des étudiants africains de la Sorbonne.

« On en revient plus intelligent », assure Aminata Diouf, une membre active de l’association, Les Ambassadeurs. Créée il y a un an et demi par de jeunes étudiants à Pantin, elle a pour objectif de soutenir des initiatives d’ouverture sur le monde. La première s’est organisée autour de la question des situations de conflits. Pour se faire, les Ambassadeurs ont décidé de s’intéresser à l’histoire génocidaire rwandaise et cambodgienne.

L’angle d’attaque : comment vivent les jeunes de 20 ans qui n’ont pas connu les massacres directement ? Deux groupes se sont alors rendus il y a moins d’un an au Rwanda et au Cambodge pour se rendre compte par eux-mêmes. « On a été dans les lieux historiques et notamment au mémorial », explique Karim Zazoui, le président de l’association. « J’ai été bouleversée, se remémore encore émue Aminata. C’était dur d’appartenir à l’espèce humaine qui est capable de commettre ces atrocités. »

Mais les jeunes de Pantin, ne se sont pas contentés des chemins touristiques. Ils se sont notamment rendus dans une université à Kigali, al capitale rwandaise, où s’est structurée une association des orphelins rescapés du génocide. « Au début on était vu comme des Français fautifs, raconte Karim. On nous a demandé si on venait leur demander pardon. » Une tension encore bien présente sur le territoire rwandais, même dans la nouvelle génération, où la France est considérée comme complice des actes génocidaires qui ont eu lieu en avril 1994. « Après des explications sur notre démarche, les jeunes étaient plus accueillants, tempère Karim. Mais il était compliqué d’avoir leur ressenti personnel. » Ce que confirme Aminata : « Suivant leurs interlocuteurs ils adoptent leur discours pour donner une image positive, affirme-t-elle. Il y a une réelle volonté d’aller de l’avant, mais les plaies sont encore bien ouvertes. » Une mémoire nécessaire pour Karim : « on ne peut pas construire un avenir sur un passé que l’on a oublié. »

Aminata remet en perspective la découverte de ce pays : « Pour moi le Rwanda c’était un point d’interrogation, raconte-t-elle. J’en ai entendu parler au lycée et sinon autour de moi en termes négatifs, de guerre, de sauvagerie. » Pourtant le pays qu’elle découvre est loin de ces images négatives. Une capitale très propre où l’usage des sacs plastique est interdit et où la verdure est luxuriante. D’origine sénégalaise la jeune femme tient beaucoup à la déconstruction des clichés, « en rentrant j’ai essayé de diffuser cette image positive autour de moi. C’est une merveilleuse découverte. » « J’ai pris une claque, raconte Karim. Ça fait vraiment grandir ce genre d’expérience. »

De ce voyage d’une quinzaine de jours, les Pantinois ont rapporté plusieurs heures de rushs radio et vidéo ainsi que de très nombreuses photos. Un livre est en cours de préparation. Y seront publiés plusieurs témoignages ainsi que l’expérience des deux groupes partis sur les traces des descendants de génocides. « Nous ne sommes pas des spécialistes, insiste Karim. Ce livre n’a pas de but historique. Il retracera notre vécu sur place. C’est un livre pour s’immerger. » Actuellement en phase de relecture, espèrent le voir publier très prochainement.

Charlotte Cosset

 

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