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Bondy Blog : Quel est le sens de ce concert ? Dominique Sopo : Le but est de promouvoir le principe d’égalité en ce jour particulier qu’est le 14 Juillet.  Il s’agit aussi de rendre à cette partie de la devise républicaine toute son importance. Depuis des mois, les attaques contre le principe d’égalité se multiplient, que ce soit contre les jeunes, les immigrés, les femmes ou encore les homosexuels. Des personnalités prêtent leur voix à ces attaques  mais ils  sont bien loin de représenter le peuple. La France ce n’est pas eux, c’est nous.

De qui parlez-vous ?

Eric Zemmour ou Marine Le Pen, par exemple. Cette dernière semble un peu trop, à mon goût, donner le ton des derniers débats politiques. En plus des propos qu’ils tiennent sur l’immigration ou les jeunes de banlieues, ces personnes semblent affirmer que ceux qui, comme nous, défendent  cette valeur d’égalité sont une minorité.  Ils seraient, selon leurs discours, les porte-drapeaux d’une majorité qui en auraient assez des valeurs que nous prônons. C’est bien sûr complètement faux.

Que pensez-vous des propos de Claude Guéant depuis qu’il est ministre de l’Intérieur ?

Claude Guéant a été un préfet presque impeccable, respectueux des valeurs républicaines. Je ne serai pas aussi flatteur sur le ministre  de l’Intérieur. Les propos qu’il a eus sont symptomatiques de cette course à l’électorat de l’extrême droite. Il a une responsabilité extrêmement forte sur l’atmosphère de suspicion qui plane sur certaines populations, comme les personnes de confession musulmane par exemple.

N’avez-vous pas l’impression que la voix de SOS racisme porte moins qu’auparavant ?

Non, je ne pense pas qu’elle porte moins qu’avant. On est en capacité d’organisé un concert avec des grands artistes mobilisés pour défendre cette valeur d’égalité.

Pourtant, il me semble que vous occupez moins l’espace médiatique qu’il y a 20 ans…

Il  y a une volonté de faire de l’espace médiatique à certaines personnes comme Eric Zemmour, par exemple. Mais nous avons été là pour porter plainte contre lui et nous avons gagné (ndlr : Eric Zemmour a été  condamné pour  provocation à la haine raciale suite à des propos qu’il a tenu à la télévision ). Défendre ce principe d’égalité est essentiel, surtout maintenant.  Toute une partie de la population et l’élite constatent que le pays change. Que malgré les freins qui leur sont mis, des personnes issues de l’immigration, des femmes et des homosexuels montent en puissance. Des personnes parmi les élites se disent : « C’est le moment ou jamais d’arrêter ce mouvement, pas question de partager nos richesse ou notre pouvoir, avec ces nouveaux venus. »

Vous parlez beaucoup d’Eric Zemmour…

La problématique Eric Zemmour n’est qu’un symptôme de ce qui se passe aujourd’hui en France. Je ne cherche pas des adversaires pour le plaisir d’avoir des combats à mener. Notre objectif n’est pas de dire qu’il y a du racisme dans la société, c’est de le faire disparaître.

On peut être contre le mariage homosexuel sans être raciste. SOS racisme n’est-il pas  une association un peu fourre-tout ?

Porter des valeurs d’égalité avec cohérence n’a rien d’un fourre-tout. Ça me paraît quand même très compliqué d’expliquer qu’on est choqué par les discriminations raciales, lorsque l’on est Noir ou Arabe par exemple, tout en portant des revendications sexistes ou homophobes, il y aurait un problème dans la cohérence du combat que l’on mène. Nous sommes là pour que tout le monde soit traité à égalité et à égale dignité dans la société.

Le concert du 14 Juillet pour l’égalité ne va-t-il pas  attirer un public déjà convaincu ?

Contrairement à ce qui est souvent dit, le but n’est pas de faire venir des racistes convaincus pour qu’ils partent convertis à l’antiracisme. Notre mission  c’est de faire en sorte que tous ceux qui, dans la société, portent les valeurs d’égalité et du vivre-ensemble, se rendent compte qu’ils sont majoritaires. Il ne faut  pas qu’ils partent en disant que ces combats sont perdus d’avances. Lors des rassemblements pour les droits civiques, aux Etats-Unis, on n’attendait pas que des membres du Ku Klux Klan viennent et retirent leurs chapeaux à pointe.

Vous êtes président de SOS Racisme depuis 2003. Vous n’en n’avez pas marre ?

Non. Les messages d’égalité et de vivre ensemble doivent être portés sur la durée. Ce n’est pas en claquant des doigts qu’on va tout de suite changer les choses.

Combien il y-a-t-il d’adhérents à SOS Racisme ? Comment se passe le recrutement ?

Nous avons 10 000 adhérents. Soit nous organisons des campagnes de recrutement, soit les gens viennent spontanément. Sur les questions de racisme, toutes les origines sont représentées ou presque, à l’exception notoire de la population asiatique. Nous avons beaucoup moins de portes d’entrée vers cette communauté du fait que c’est une immigration plutôt récente.

Propos recueillis par Idir Hocini

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