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Plusieurs cérémonies ont eu lieu à Paris, ce dimanche, en mémoire aux victimes des attentats de Paris, il y a tout juste un an. De Saint-Denis au Bataclan. Récit.

Le silence, le recueillement, la tristesse, mais aussi la révolte et une grande envie de donner de l’amour. Tout cela était palpable, ce dimanche, lors des commémorations des attentats du 13 novembre. Il y a un an, jour pour jour, la France était touchée par la plus meurtrière vague d’attentats de son histoire. C’était en 2015, la même année qui a vu tombé les journalistes de Charlie Hebdo et les paisibles habitués de l’Hyper Casher à Paris.

Une première attaque a lieu à Saint-Denis, aux abords du Stade de France où se jouait France-Allemagne en amical. Trois terroristes se font exploser. Manuel Dias, chauffeur de 63 ans, fut le seul à perdre la vie dans ces explosions. Une série d’attaques endeuille ensuite la capitale. Des terrasses de café et de restaurant sont mitraillées. L’attaque la plus meurtrière a lieu dans la salle de spectacle du Bataclan. Au total 130 personnes ont perdu la vie, ainsi que sept terroristes. Comme pour Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, Daesh revendique les attentats. Un an plus tard, 20 personnes sont toujours hospitalisées, 600 suivies psychologiquement.

Ce dimanche, la cérémonie d’hommage commence devant le café Carillon à l’angle des rues Bichat et Alibert dans le Xe arrondissement de Paris, là où le massacre a commencé. Le quartier est bouclé. Daesh résiste encore à Mossoul et la présence du président de la République impose un important dispositif de sécurité. Il faut être accrédité pour approcher les lieux de la cérémonie. Agglutinés contre les barrières de sécurité, devant des policiers désolés de ne pas pouvoir laisser passer les journalistes qui les supplient, des gens sont présents. Pour la plupart, ils sont du quartier, comme Fleur, la vingtaine, qui a déménagé sur les lieux trois semaines après les attentats. « Les événements se sont déroulés en bas de chez moi, cela me marque donc particulièrement. Aujourd’hui, j’ai voulu avoir une pensée pour les victimes. Le reste du temps la vie continue tant bien que mal ». Tout le monde observe une minute de silence puis le cortège présidentiel avance vers les autres lieux du massacre : le restaurant Le petit Cambodge, le café La Bonne bière puis plus loin dans le XIe arrondissement de Paris, Le Comptoir Voltaire et La Belle Equipe.

Sécurité maximale

A l’approche du Bataclan, en ce jour de deuil, le cordon de sécurité déployé est impressionnant. Les journalistes du monde entier se pressent contre les barrières posées en face de la salle de spectacle. Personnels du Samu, pompiers, policiers, membres de la croix rouge, tous ceux qui, en somme, ont participé aux secours durant cette nuit de drame, forment des rangs serrés à l’entrée des lieux. Les familles des victimes attendent aussi l’arrivée du président et du Premier ministre comme Anne Hidalgo maire de Paris, déjà présente sur les lieux.

Dans le public, Marie-Caroline, accompagnée de sa maman, ont toutes les deux un bouquet de roses blanches dans les mains. La jeune femme est en larmes. Dans le silence religieux où résonnent ses pleurs, l’interroger est un supplice. « J’ai perdu une amie au Bataclan. On est malheureux. On pense à sa famille, à sa maman, à rien d’autre ».

La pluie tombe sur les beaux cheveux roux de Wassilah, habitante de Drancy. Elle serre un grand bouquet de roses rouges contre sa poitrine. Les fleurs sont décorées avec le beau visage de son amie Lola, partie trop tôt. Submergée par l’émotion, les mots meurent sur ses lèvres. Ses sanglots font un écho terrible dans la foule muette qui jette un regard désapprobateur dans ma direction. Les larmes et l’impression d’être un gros parasite monte en moi. Je m’éloigne respectueusement quand Wassilah réagit soudain. « Ces barbares n’auront rien ! On est là ! On ne lâche rien ! Nous sommes plus forts qu’eux. Ils ne peuvent rien faire devant tout l’amour qu’on a à donner ! »

« Amour pour tous. Haine pour personne »

Le président de la République, le Premier ministre et la délégation qui les suit arrive devant le Bataclan. Les noms des victimes sont récités. « Juan, Samia, Nathalie, Lúis-felipe, Saleh, David, François-Xavier, Djalal… ». On n’entend que les murmures de Thierry. « Paix à leur âme, récite-t-il religieusement». Thierry, d’origine togolaise et béninoise aime les défis : il s’est converti à l’islam en 2001, l’année des attentats des tours jumelles du World Trade Center à New-York, revendiqués par Al Quaida. Toutes ses pensées vont aux familles des victimes. « Je leur offre tout mon soutien et j’aimerais faire tout ce qui est en mon possible pour eux. Cela aurait pu arriver à tout le monde. Ce qu’ils ont fait va à l’encontre de tout ce que j’ai appris en 15 ans d’études assidues de ma religion. Amour pour tous. Haine pour personne ».

François Hollande et Manuel Valls quittent les lieux. La foule venue nombreuse peut désormais se recueillir aux pieds du Bataclan. Elle découvre une grande plaque commémorative en marbre « En mémoire des victimes blessées et assassinées des attentats du 13 novembre 2015, aux 90 vies fauchées ». Tous les noms des victimes sont inscrits. Des proches des familles, des anonymes, deux touristes pakistanaises s’agenouillent pour allumer une bougie ou déposer des fleurs. Peu à peu, le silence du recueillement se dissipe. Les gens se parlent, discutent, racontent ce qu’ils faisaient le 13 novembre. Deux inconnus se découvrent un ami commun dont le nom est inscrit sur la plaque. Ils sourient en évoquant son souvenir. La vie continue, tant bien que mal.

Idir HOCINI

 

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