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[LES BÂTISSEURS] Nouvel épisode de notre série sur ces visages qui font Aulnay-sous-Bois. Le Bondy Blog est allé à la rencontre de Sérigne Dieng, éducateur et coach de l’équipe senior au Football Club Aulnaysien (FCA). Portrait.

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends« . C’est avec cette devise de Nelson Mandela que Sérigne Dieng veut résumer son travail au sein du Football Club Aulnaysien (FCA). Cet éducateur de 38 ans est en charge de la formation des jeunes et coache aussi l’équipe senior du FCA, l’équipe fanion. « Je suis arrivé ici à 15 ans et je ne suis jamais reparti. J’ai joué dans toutes les catégories et je joue encore aujourd’hui avec les vétérans, ceux de plus de 35 ans« , précise celui qui va bientôt fêter sa 27e année au sein de ce club d’Aulnay-sous-Bois.

Multitâches et multi-casquettes, Sérigne Dieng s’occupe notamment de la partie communication du club. Mercredi dernier, alors que les jeunes, des sélections U10 à U12, s’entraînent sur le terrain synthétique, Sérigne Dieng nous présente fièrement une vitrine située au milieu des vestiaires. Cette dernière, installée depuis un mois, permet d’afficher les résultats et les comptes-rendus de match et sert de point d’information aux parents sur les initiatives du club. Une dont il est le plus fier : la création l’an dernier d’une équipe de filles, en U16. « Nous avons reçu le label ‘qualité football féminin’. Une distinction importante qui met en valeur le travail de nos éducateurs et qui surtout permet aux filles d’accéder au football au même titre que les garçons« , explique-t-il.

Club familial, club formateur

Sérigne Dieng, dans les vestiaires du club, donne les consignes aux jeunes du FCA, Aulnay-sous-Bois.

Avec ses collègues, le trentenaire a mis en place un partenariat, ce qu’il appelle une « triangulaire« , entre le club de football, l’école et la maison. Au sein du FCA, club aux 560 licenciés, on insiste sur le rôle des parents pour accompagner les jeunes dans les meilleures conditions. « Nous avons interrogé  les familles sur leurs attentes et sur ce qu’elles souhaitent voir comme amélioration« , rapporte Sérigne Dieng.

Résultat : les parents indiquent souhaiter que leurs enfants puissent s’amuser, peu importe leur niveau, et qu’ils soient encadrés au-delà du football. Et ça tombe bien, puisque pour Sérigne Dieng le côté « socio-éducatif » et le plaisir du jeu doivent passer avant la compétition. Il reconnaît, sans problème, que des trois clubs de football d’Aulnay-sous-Bois, le FCA est le moins bien classé puisqu’il évolue au niveau départemental quand ses homologues du CSL Aulnay et de l’Espérance aulnaysienne ont atteint, eux, le niveau régional. « Au FCA, on est en quelque sorte un club formateur. Mon objectif : se servir du sport comme d’un levier éducatif. Je veux qu’on sorte de la compétition. Je veux expliquer aux jeunes qu’on n’est pas forcément là pour gagner, pour être champions du monde, mais pour apprendre des valeurs, le vivre-ensemble, le respect, la discipline« , explique-t-il.

Transmettre ces valeurs et « œuvrer pour la jeunesse aulnaysienne », tels semblent être ses deux devises. Né à Paris, Sérigne Dieng est arrivé à Aulnay-sous-Bois à l’âge de 10 mois avec ses parents, ses trois frères et ses trois soeurs. Depuis, cette ville, il ne l’a plus quittée. Il y a effectué toutes ses études, de son CAP vente à son bac pro commerce, ses années en tant qu’animateur BAFA, y a décroché plus récemment son diplôme d’État supérieur de l’éducation de la jeunesse et des sports. « J’ai grandi dans le quartier des 3 000 et désormais, j’habite pas très loin dans le quartier des Étangs avec ma femme et mes quatre enfants », souligne-t-il. « J’aurais pu partir mais je n’ai pas voulu. Je me sens bien, je connais du monde ici et surtout c’est l’envie d’aider, l’envie de participer à la vie de la société aulnaysienne qui fait que je suis encore là. (…) C’est aussi pour rendre au club ce qu’il m’a donné : un cadre, une structure, une rigueur ».

Aulnay-sous-Bois, terre de champions

Créé en 1947, le FCA est le plus vieux club d’Aulnay-sous-Bois. « Au début, c’était un club où jouaient uniquement les fonctionnaires de la ville. Ils venaient après le travail, s’occuper des enfants, jouer au football« , raconte celui qui est également employé municipal. Depuis une vingtaine d’années, la structure située entre Aulnay Nord et Aulnay Sud a connu une mutation majeure. « Nous avons désormais un public beaucoup plus populaire. On touche plusieurs quartiers de la ville et ça a permis de casser des barrières, des préjugés« , se réjouit l’éducateur même s’il reconnaît que « ça n’a pas été facile au début de faire évoluer les mentalités car les jeunes ne se fréquentaient pas. (…) Mais grâce à l’entraînement, au jeu, ils se sont fait des coéquipiers, des amis« .

Si sa passion pour le football est d’abord née à la maison grâce à un père sportif qui ne ratait aucun match à la télévision, Sérigne Dieng a tardé à s’inscrire dans un club. « Mes parents ne pouvaient pas me payer une licence », précise-t-il. Des parents d’origine sénégalaise, son père était maître-tailleur et sa mère travaillait dans des maisons de retraite. La passion de Sérigne Dieng pour le ballon rond, elle, a pris une nouvelle tournure avec le temps. « Au départ, j’aimais l’aspect compétitif, dribbler, marquer des buts. En grandissant, j’ai compris que le sport était un moyen de se faire plaisir », relate celui qui est fervent supporter du PSG depuis l’époque des Rai, Osvaldo et Weah.

Aulnay-sous-Bois, une ville remplie de talents et de ressources aime à rappeler Sérigne Dieng. S’il ne fallait citer qu’un exemple dans le domaine sportif, ce serait bien sûr Moussa Sissoko, l’enfant d’Aulnay dont le portrait géant a été accroché en septembre dernier sur la façade du Galion. Le choix de ce bâtiment ne s’est pas fait au hasard : c’est l’édifice emblématique du quartier de la Rose-des-Vents, où a grandi, de 1989 à 2001, le sportif. Et où sa famille habite toujours. Le milieu de terrain des Bleus a été l’une des grandes révélations de l’équipe de France à l’Euro et demeure un modèle pour beaucoup de jeunes Aulnaysiens, comme pour Sérigne Dieng.

Kozi PASTAKIA

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