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De plus en plus de musulmans fréquentent les mosquées depuis ces dernières années, notamment en banlieue. Force est de constater que la prière, l’un des cinq piliers de l’Islam avec la Profession de foi, l’Aumône, le Jeûne et le Pèlerinage à la Mecque, est considérée avec attention.

Aïcha, 30 ans et Dalila, 25 ans sont de confession musulmane et pratiquent la prière. Elles sont respectivement secrétaire et assistante de direction. Aucune des deux ne fréquente la mosquée. De manière très occasionnelle, quand elle ne travaille pas, Aïcha va accomplir sa prière du vendredi de l’autre côté du périph, à la grande mosquée de Paris dans le 5ème. « Tout le monde se bouscule parce qu’il n’y a pas assez de place » dit-elle. Dalila, elle, « n’aime pas aller à la mosquée » et ajoute : « Il y a beaucoup de médisances et de disputes entre les femmes ».

Si Aïcha et Dalila prient, cela tient d’une « conviction strictement personnelle ». La prière constitue un rituel quotidien dans lequel à cinq moments de la journée (Fajr, Dhouhr, Âsr, Maghrib et Îcha), elles font leurs ablutions (l’Ôdo), enfilent un grand châle qui les couvre de la tête aux pieds, posent le tapis en direction de la Mecque et s’adonnent à « Allah Akbar » (Dieu tout puissant). « Ça prend 5 à 10 minutes. Quand je rentre du travail, je rattrape les prières de la journée », explique Dalila, qui prie depuis 3 ans. Elle raconte comment, de sa propre initiative, elle a demandé à sa mère de lui apprendre tous ses gestes, ainsi que les versets du Coran à réciter. Avec ses longs cheveux raides, ses yeux soigneusement soulignés de eyeliner et embellis de fard à paupières, et sa façon coquette de s’habiller, elle affirme : « à chacun de ces moments, la foi m’appelle ». L’élégante Aïcha a commencé son rituel dès l’adolescence. Depuis 4 ans, elle vit seule. Personne ne lui rappelle son devoir, hormis sa foi. Elle avoue une petite faiblesse : « Parfois, j’ai la flemme de me laver et prier ». Alors que celle-ci explique sa « flemme » par une fatigue physique, Dalila, elle, pense que c’est le Sheitan (diable) qui l’empêche de faire ses ablutions. Aïcha s’en défend en murmurant « In Al Sheitan ! » (A bas le diable !).

Les ongles de Dalila sont longs et bien taillées, alors que les règles liées à la prière précisent que la femme se doit de couper ses ongles à ras. « Pendant mes ablutions, je prends soin de bien les nettoyer », précise la jeune femme.

Comment cela se passe-il avec leurs petits copains ?

Aïcha : « je préfère garder des rapports plutôt platoniques. D’ailleurs, il l’accepte. Entre nous, tout se passe dans les sentiments. Je pense que je ne peux avoir de relations qu’avec des musulmans croyants et pratiquants parce qu’ils comprennent plus facilement. Aussi, je me vois très mal faisant ma prière dans le salon avec de l’alcool dans mon frigo ! ».

Dalila : « Avant de commencer à prier, j’embrassais mon ex-copain sur la bouche et lui faisais des gros câlins. A partir du moment où j’ai débuté la prière, nous avons cessé de nous toucher. Dans mon esprit, je n’avais plus cette envie. En tant que musulman pratiquant, il m’a respectée jusqu’au terme de notre relation, qui s’est finie pour des raisons qui ne concernent pas la prière. »

De par leur éducation, ces deux musulmanes connaissaient les grandes lignes de la vie du Prophète Mahomet. Les deux femmes ont fréquenté, en marge de l’école publique, l’école coranique durant leur enfance. « J’ai appris à lire et à écrire en arabe littéraire. J’ai appris aussi à réciter certains versets du Coran », explique Aïcha. D’autre part elles lisent régulièrement des ouvrages sur l’Islam, les versets du Coran ainsi qu’un recueil des paroles du Prophète (Mahomet), le Hadith. Comme il est dit dans le Coran : «A chacun sa religion».

Par Nadia Boudaoud

Nadia Boudaoud –

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