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Vendredi 29 mars, la Préfecture de Vendée a accepté la création d’un « Cannabis Social Club ». Reste maintenant la publication au Journal Officiel (JO), seule officialisation de la création d’une association. Enquête d’Hadjila. 

Ne vous y trompez pas. Le Cannabis Social Club n’est pas le nom d’un groupe de music pop hip-hop-les inrocks parisiano-hypsterien trop coolax l’ananas comme notre capitale sait si mal nous pondre (Orties, si vous m’entendez…) Ce n’est pas non plus un collectif qui rend des hommages appuyés et constants à travers des manifestations enfumées à Cannabis, l’âne de Jamel Debbouzze dans le film « Astérix Mission Cléopâtre » : « Allez uh, Cannabis.. Galope Cannabis ! » Non, ça aurait pu, mais ce n’est pas ça.

A mi-chemin entre le « Social Club » et le « Cannabis Cup », le « Cannabis Social Club » est une fédération informelle des clubs sociaux cannabiques en France, qui compte des adhérents autoproclamés « Peuple de l’herbe ». Ils sont super chelou ces gens, il ya un coté raëlien très flippant dans leur démarche, avec leur histoire d’auto proclamation de peuple étrange.

Toujours est-il que je pensais sincèrement, naïvement, qu’on avait atteint le fond, en termes d’associations absurdes avec la bien nommée « les amis de Nicolas Sarkozy », dont les membres phares Brice Hortefeux et Nadine Morano semblaient, eux aussi, adeptes de produits psychotropes, mais de manière non assumée.

Alors, quelques décennies après la fermeture outre-Atlantique du mythique « Studio 54 », lieu décadent new-yorkais où les drogues sont au club ce que la guerre mondiale de 78 est à Nabi-Nabila, on déplore donc la demande de création, en Loire-Atlantique cette fois, de l’un d’eux nommé le « Cannabis Social Club 44 », lundi 25 mars. Chacun ses références.

M’enfin, la vie regorge de mystères et face à elle, nous devons nous incliner.

Dominique Broc, que l’on surnommera affectueusement  « Dom’ », éternel fumeur de cannabis (pas l’âne, la plante) et ses copains ont créé une fédération qu’ils ont appelée le « Cannabis Social Club » (CSC). Un jour, ils ont décidé d’en faire non pas une mais plusieurs associations, afin de prôner la dépénalisation du cannabis et l’autoproduction, et ont donc déposé les statuts lundi 25 Mars, attendant sagement la parution dans le Journal officiel (ce qui leur permettrait d’exister de manière légale et officielle). Voilou.

Sauf qu’il y a eu un petit problème dans la plantation. Dom’, qui est aussi le porte parole du CSC, a clamé haut et fort qu’il faisait pousser des plants d’herbe chez lui, et a subi une interpellation des forces de l’ordre digne d’un « 90 mn inside : au cœur du trafic des stupéfiants ». Les vilains policiers ont détruit ses plantations, Dom’ a été placé en garde à vue et sera présenté devant la justice le 8 avril.

Du coup, n’écoutant que leur courage, sur les quelques centaines de CSC existant officieusement en France, seule une vingtaine se sont déclarés officiellement lundi 25 mars dans plusieurs préfectures, intimidés par l’interpellation de  leur porte-parole. C’est pas jojo tout ça.

La presse, les politiques, les élus se déchaînent face à « l’inconscience et la dangerosité des Cannabis Social Club, nouveau front de la désobéissance civile… » ,« véritable scandale » pour les uns, « énorme insulte » pour d’autres.

Alors là les mecs, accrochez-vous parce qu’on atteint des sommets. Il faut savoir que, au-delà de vouloir dépénaliser et autoproduire le cannabis, Dom’ et sa joyeuse bande ont des ambitions dignes de Brice et Nadine et compte « couper l’herbe sous le pied des dealers » (ils font dans le jeu de mots aussi, c’est gratuit).

A l’instar de Gad Elmaleh et de son excellent « En France, on va combattre le terrorisme avec du scotch », eux, espèrent « contrecarrer le trafic en créant des associations». Rien que ça. Qui dit trafic dit générer de l’argent. Qui dit association dit non génération de fonds. Et ils veulent contrecarrer le trafic. C’est la weed qui vous fait raconter des conneries pareilles ? Vous avez fumé et vous êtes restés ché-per ? Vous êtes jamais redescendus de votre trip en fait, c’est ça ?

D’autant plus que ça a un petit coté « Fight Club » pas désagréable. En effet, en France « on a décidé que le maximum c’était 20 personnes par club car il faut que ce soit 20 amis de confiance », dixit Dom’ le porte parole. Première règle du Cannabis Social Club : ne jamais parler du Cannabis Social Club. Pour le coup, c’est parti en fumée.

Tu es un vrai thug, tu as décidément tout compris au business Dom’ : cultivé l’terre-terre, ne faire confiance qu’à ton crew et faire la guéguerre aux dealers. Allez les mecs, on est de tout cœur avec vous. Je vous laisse mais avant, passez passez l’oinj et tirez pas trop sur la corde à linge.

Hadjila Moualek.

 

 

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