photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

On commence par recevoir le catalogue de jouets dans nos boîtes aux lettres. Les pères Noël arpentent les centres commerciaux. Ce sont ensuite les publicités de jouets qui ne cessent de passer en boucle à la télévision. Sur Gulli ou à l’heure des dessins animés du matin pour que votre enfant, qui a déjà entouré tous les jouets du catalogue, s’empresse de crier « oh le beau poney rose, il parle, fait le ménage, à manger, mes devoirs et m’emmène à l’école, je vais l’ajouter sur ma liste de Noël !» Un super poney qui ne coûte que 89,99 euros.

A cette période de l’année, qui ne voit pas de maison décorée ? Dans mon quartier, il y en a une qui brille de milles feux chaque soir. Dès que la nuit tombe, le propriétaire « l’allume » et éclaire la rue. Croyez le ou non : on voit une énorme lumière qui se démarque des autres pavillons.

Pour ceux qui passent par cette même rue en voiture après 17 heures, le risque est grand de se retrouver coincé dans un bouchon incroyable. Pas de travaux sur le passage. Simplement les voitures d’autres automobilistes qui s’arrêtent pour prendre en photo leurs enfants devant cette maison désormais célèbre dans le secteur.

Petite, je pensais que c’était la maison du Père Noël. C’est ce que croit ma petite cousine aujourd’hui. « On va voir la maison du Père Noël ? ». Seulement, entre mon époque et la sienne, le nombre de décorations s’est démultiplié. Mon voisin est tombé dans la marmite il y a environ une quinzaine d’années. Depuis, les boules lumineuses et les guirlandes n’ont cessé de s’accumuler au fil du temps.

J’ai rendu visite à l’artisan en question. Je sonne une fois, deux fois. La porte qu’on différencie à peine du reste de la façade s’ouvre enfin. Le mythe se casse, le père Noël ne surgit pas. Snif, j’aurais eu le scoop de l’année chez les 4/5 ans du coin. Un monsieur apparaît au loin, il porte un jean et une chemise style bûcheron. Peut-être, coupait-il du bois dans le jardin avec les cerfs… Je ne peux m’empêcher de lui demander le pourquoi de ce spectacle. Il répond que c’est pour « le plaisir, la joie et la folie de Noël ». Voilà qui résume tout cet engouement.

Un résultat pareil nécessite beaucoup de travail. D’après lui, « il faut trois semaines de préparation parce qu’il faut vérifier que tout marche parfaitement, eh oui c’est tout de même de l’électricité, réparer ce qui se détériore … Et pour tout enlever heureusement c’est plus simple : il faut compter une semaine. »

La maison étant allumée de novembre à février, et vu le coût de l’électricité, j’ose casser le rêvé en lui demandant si sa facture EDF n’est pas trop salée. « Pas plus que ça puisque la plupart des lampes sont des Led, elles ne consomment pas énormément. » Et puis, au détour de la conversation, j’apprends qu’il a été primé deux fois par la ville pour « la maison la mieux décorée de la ville ». Un sacré prix dont j’ignorais même l’existence ! Personnage excentrique, mon voisin ouvre sa porte tous les soirs aux grands comme aux petits pour laisser opérer la magie de Noël.

Sarah Ichou

Articles liés

  • Instagram, le psy de 2019

    Sur Instagram, les comptes de motivation pullulent. Chaque jour, ils postent des citations et des rappels sur l'estime de soi, la rupture amoureuse ou la confiance qu'on donne à ses proches. Une manie qui a le don d'agacer Félix.

    Par Félix Mubenga
    Le 03/10/2019
  • Assa Traoré mise en examen : le monde à l’envers

    Attaquée en diffamation par les gendarmes impliqués dans la mort de son frère, Assa Traoré, la soeur d'Adama Traoré, a été convoquée et entendue par les autorités ce mardi. Elle va être mise en examen, lui ont notifié les agents de police judiciaire qui l'auditionnaient. Après les arrestations et incarcérations des frères, voilà la grande soeur d'Adama Traoré dans le collimateur de la justice.

    Par Sarah Belhadi
    Le 02/10/2019
  • Réfugiés et diplômés : à Saint-Denis, les étudiants étrangers à l’honneur

    Une trentaine d'étudiants étrangers sur l'estrade, fiers et ravis de recevoir le diplôme d'une université français. Ce vendredi 27 septembre, les diplômés du cursus de FLE (français langue étrangère) étaient mis à l'honneur à l’université Paris-8 de Saint-Denis, dans le cadre du Grand 8, l'événement de rentrée de l'établissement.

    Par Kab Niang
    Le 30/09/2019