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A la question « Face à la crise qui réduit votre pouvoir d’achat, quel est votre passe-temps favori ? », 37 % des Anglais répondent faire l’amour. Pas cher, stimulant et idéal pour évacuer le stress quotidien, le sexe arrive en deuxième position chez les femmes (21 %), derrière « bavarder entre amis » – parce que quand même y’a des priorités dans la vie – et en tête chez les hommes (53%), qui, c’est bien connu, ne pensent qu’à ça.

A Marseille, nous avons posé la même question à un échantillon hyper représentatif de dix personnes, soigneusement sélectionnées au hasard des rues. Le résultat n’est pas bandant. Un seul défenseur des folies sous la couette pour oublier celles des banquiers sur les places boursières. Ils faut croire que les Marseillais(es) préfèrent le sport hors chambre : vélo, randonnée, football, bowling (sic !), rugby. Au total, 80 % de nos sondés citent une activité sportive comme loisir favori.

Deux possibilités d’interprétation : soit ils sont trop timides pour avouer faire des galipettes, soit le sexe n’est vraiment pas leur tasse de thé. Est-ce à dire que Marseille est sun et sea, et pas sex du tout ? C’est plus compliqué que ça. Dans la ville du Pastis, les préliminaires en terrasse, c’est sacré. « Le problème, explique Pauline, une étudiante de 24 ans, c’est qu’on a moins de sous pour boire des apéros. Mais on n’a pas besoin de la crise pour faire l’amour. » Plus moyen de boire un coup avant d’en tirer un, les temps sont quand même bien durs.

Les sex-shops aussi se serrent la ceinture. « Les chiffres des derniers mois sont beaucoup moins bons que ceux des années précédentes, se désole Jérôme, moulé dans un jean et un t-shirt presque à sa taille, propriétaire de l’un d’eux à Marseille. Les clients nous le disent, ils ont moins d’argent à dépenser pour ça. C’est quand même un budget de venir ici régulièrement. Les habitués dépensent environ 25 euros par semaine. »

Mais pendant que nous discutons, les clients affluent dans la boutique – il est à peine 10 heures du matin. Un homme d’une cinquantaine d’années ramène 12 DVD qu’il avait loués. Les amateurs de projections de films en cabine se pressent. Le porno ne vit donc pas ses dernières heures. « J’espère que nous serons un peu épargnés par la crise, mais je ne suis pas non plus naïf, continue Jérôme. 2009 sera une année difficile pour toutes les industries, y compris la nôtre. »

Les Anglais peuvent fanfaronner et jouer aux chauds, un autre sondage risque de les refroidir. Selon le journal gratuit Métro, un couple de Britanniques sur six va divorcer dans l’année qui vient, à cause de la crise. 17 % des personnes interrogées considèrent leur séparation comme « probable » en 2009 et 3 % « extrêmement probable ». Les raisons : moins de sorties, trop coûteuses, notamment les p’tits restos en amoureux. Avec leurs randonnées et leurs parties de bowling, les Marseillais s’en sortent mieux. Notre étude scientifique le révèle, aucun sondé n’envisage de divorcer dans les mois à venir. En temps de crise, le culte du sport détrône le cul.

Hélène Decommer (EJCM)

Hélène Decommer –

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