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Vous avez probablement eu l’occasion de croiser un groupe de personnes prenant le temps de discuter avec des sans-abri, leur distribuant un repas, un café et des vêtements. Il s’agissait peut-être des bénévoles de Banlieue plus et nos quartiers. Farid Temsamani, consultant en intelligence économique, est l’un des portes paroles de l’association. »Banlieue plus et nos quartiers, crée il y a  plus de deux ans par Nadir Kahia à Gennevilliers, est une association qui a pour objectif  principal de donner une autre image de la banlieue et de ses habitants, une image plus juste et positive. Aujourd’hui, l’association est structurée en plusieurs pôles. Le pôle éducation, où l’on favorise l’engagement des parents d’élèves. Le pôle citoyenneté, où l’on incite les habitants des banlieues à s’inscrire sur les listes électorales, à voter lors des élections et à participer pleinement à la vie citoyenne de leur environnement à travers les conseils de quartiers. »

S’ajoutent un pôle juridique, un pôle entrepreneuriat, un pôle stage et emploi et un pôle solidarité, où notamment chaque semaine les bénévoles de l’association confectionnent et distribuent plus de 150 paniers-repas aux plus démunis dans Paris et sa banlieue.

C’est donc à travers ce dernier pôle solidarité que l’association tend à lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté auprès des personnes désocialisées en distribuant des paniers-repas conçus par ses bénévoles, des boissons chaudes, des produits hygiéniques et des vêtements. Dans le cadre d’une de leurs maraudes, organisées chaque dimanche,  la responsable du pôle solidarité et coordinatrice des maraudes, Dalida, et la vingtaine de bénévoles présents ce jour m’ont accueilli chaleureusement dans une petite maison en bois située au fond d’un square de la ville de Saint-Denis, qui leur sert de local.

Dalila coordonne dans une ambiance récréative, avec l’aide de sa sœur Malika, la confection des paniers-repas, composés d’un sandwich, d’une bouteille d’eau, de gâteaux, d’une brique de jus. Elle assure aussi la préparation des kits hivernaux, en attribuant à chacun des bénévoles un rôle bien précis. « Mohamed, toi tu vas nous aider à faire les sandwiches. Mets-toi dans la chaîne » me lance-t-elle.

Durant l’exécution, l’enthousiasme se lit sur le visage de chacun des bénévoles. « Les sandwiches, tu dois les faire comme s’ils t’étaient destinés, comme ça tu mettras ton amour » me dit une des bénévoles. Une fois les diverses tâches accomplies, les consignes de la maraude sont soulignées par la responsable. Puis des groupes de quatre bénévoles sont formés et envoyés sur différents secteurs : Nation, Gare de Lyon, Place de Clichy, Bastille, Opéra, Gare d’Austerlitz et Saint-Lazare.

Me voilà donc parti pour ma première maraude, direction Place de Clichy, accompagné de Sofiane, Ahmed et Anissa, trois autres bénévoles. Un quart d’heure de route plus tard, première confrontation directe avec la misère sociale, l’exclusion et tous les maux qui en découlent. Nous tombons sur un sans-abri prénommé Tito. L’homme est fort souriant malgré la situation dans laquelle il se trouve et  heureux de nous voir. D’une part parce que nous lui apportons des vivres. D’autre part parce que nous avons pris le temps de nous intéresser à sa personne, de rigoler avec lui.

Sofiane confie : « Parfois, certaines personnes veulent juste parler. Le simple fait de prendre le temps de discuter et de rigoler  avec eux leur fait plus de bien que de leur fournir à manger. » Anissa, la seule femme du groupe, sert la soupe et le café avec affection tandis que Sofiane et Ahmed offrent  un panier de repas et des vêtements chauds avec amitié. Quant à ma personne, c’est avec timidité que je présente le kit hivernal constitué d’un bonnet, d’une écharpe et de gants. « Ce sont des êtres humains comme nous » s’épanche Ahmed.

Au fil de la maraude nous rencontrons des sans-abri de tous horizons, avec un passé parfois intéressant. En effet, certains nous avouent qu’ils ont été amenés à voyager à travers l’Europe dans le cadre de leur métier avant de se retrouver à la rue. D’autres confient, dans un langage soutenu, qu’ils sont détenteurs d’un Bac+4.

Après quatre heures passées à ratisser la Place de Clichy et la gare Saint-Lazare, les derniers paniers-repas sont distribués et les derniers sourires échangés. La maraude arrive à son terme. Bouleversé, je me mets alors à réfléchir sur la condition de ces personnes démunies que je viens de rencontrer le temps d’une maraude. Comment cela se fait il que dans un pays comme le nôtre, l’exclusion sociale existe toujours ? A qui la faute ?

Je félicite au passage l’altruisme des trois autres bénévoles et me réjouis de l’existence d’une association comme Banlieue plus et nos quartiers. A  la fin de la journée, allongé sur  mon pieu, les yeux rivés au plafond, pensant avec mélancolie à tous ces sans-abri que j’ai rencontrés, je réalise qu’avoir un toit au-dessus de sa tête est non seulement un droit mais aussi une chance énorme. Puis, dans un élan d’humanité, je me fais la promesse de venir en aide aux personnes démunies.

Mohamed K.

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